‹ Anthologie de l'occultismeChapitre 178 sur 229 · AMPHITHEATRE DE L’ETERNELLE SAPIENCE · texte numérisé non relu

AMPHITHEATRE DE L’ETERNELLE SAPIENCE

Pourquoi le fils du macrocosme (ou Pierre philosophale) EST MANIFESTÉ REGÉNERATOIREMENT PAR LUI-MEME

et comment, au moyen de la main obstétricale de l'art de la Physico-Chimie il est glorifié en son corps, dès son assompiion ?

Tu pourras demander à tout ce qui précède une réponse plénière à la première question. Il reste celle-ci : Comment, par la main obstétricale de l’art de la Physico- Chimie, est-il glorifié en son corps ? Par le régime tri-un. Car, par le premier régime de l’œuvre catholique et Physico-Chimique, par divers instruments et travaux des mains et par l'art varié du Feu au moyen d’Annop (qui se nomme Saturne en sa langue), c’est-à-

dire PLOMB DES SAP1ENTS, CŒUR DE SATURNE, les ReilS de

la coagulation étant dextrement relâchés, le dvenech viride et le vitriol de vénus (qui est la matière exigée pour le Bénite Pierre) s’offrira à nous. Le lion viride, abscons et latent, se manifeste alors, étant attiré hors de

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sa caverne du mont de Saturne par les allèchements et les flatteries convenables à sa nature. Tout le sang épais et coulant abondamment des blessures du lion, transpercé d’une lance aiguë, est soigneusement recueilli. hylè et lili, le limon, la terre mouillée humide, onctueuse et boueuse, adamique, première matière de la création de ce Monde majeur, de nous-même et de notre vigoureuse Pierre, est rendue visible. Le vin (que les sapients ont nommé sang de la terre) venant de la matière une et catholique des Philosophes, le rouge de Raymond Lulle, appelé, à cause de sa rougeur (couleur de la force) épaisse, dense et obscure, noir plus noir que le noir même, se montrera alors. Le lien par lequel l’Ame est liée au Corps et réunis en une seule masse se relâchera et se dissoudra. L’esprit et Lame (esprit animé) s’éloignent peu à peu et se séparent insensiblement du corps ; quand ceci est fait, le fixe est rendu volatil, et le corps immonde, de jour en jour, se corrompt, se détruit, se meurt, se noircit et s’incinère.

Cette cendre, ô mon fils, ne la crois pas vile ; elle est le diadème de ton corps ; en elle se cache notre pygmée qui vainc et terrasse les géants. II. Par le second régime (qui est travail de femmes et jeu d’enfants), dans le vase un, cristallin, circulaire et justement proportionné à la quantité de matière, par un artifice physico-magique, dans le four un de l’Athanor, hermétiquement et même kabbalistiquement scellé par le Théosophe, et par le feu un, le corps, 1 esprit et Lame, par un soin très exact et par des travaux d’Hercule, extérieurement lavés, mondifiés et purgés, sont composés de nouveau ; ils se mêlent, se corrompent d’eux-mêmes ; et sans coopération manuelle, par les seuls travaux de la nature, ils sont dissous, distillés, séparés, sublimés, conjugués, mêlés de nouveau ; ils

copulent et se réunissent ; et ce qui est fixe devient pleinement volatil ; ils sont coagulés aussi, per se ; ils sont colorés de diverses manières, calcinés, fixés ; et au contraire ce qui était volatil est rendu fixe ; et un monde nouveau et rénové est constitué. Souviens-toi que, dans la mixtion, suivant les poids et proportion de la nature de ces substances purifiées à la superficie ou extérieurement, il faut diligentissimement observer et trouver le secret triple de la composition connu seulement d'un très petit nombre ; autrement, l’esprit animé ne peut être conjugué avec le corps, ni, par contre, le corps ne peut être réuni à l’esprit. Ceci étant parfaitement accompli, le nouveau chaos de la Nature catholique et du nouveau monde futur paraîtra, venant de l’ancien ; il sera expliqué, séparé ; les parties séparées, c’est-à-dire de la nature interne et radicale et centrale, Divines, seront ornées, sans l’aide d’aucun travail des mains ; tu jugeras que cela est accompli lorsque tu sentiras en toi-même un mouvement interne, et alors, oh ! tu pleureras de joie ! Tu comprendras certainement pourquoi le péché de l’origine est divinement effacé et séparé par le feu de l’amour Divin, dans la régénération et du Corps, et de l’Esprit et de l’Ame. Je n’écris pas des fables. Tu toucheras de ces mains, tu verras de tes yeux Tazoth, c’est-à-dire le Mercure Catholique des Philosophes qui te suffit pour obtenir notre Pierre, avec le Feu interne et externe, Physicomagiquement uni cependant par une nécessité inévitable avec le feu Olympique par une harmonie sympathique. Si tu ne connais pas parfaitement ce secret de Yulcain profondément caché ; si tu n’apprends pas ponctuellement à t’en servir dans le four tri-un, sphériquement rond, instruit ou par l’art ou par un usage fréquent ou par dieu lui-même en pratiquant la Kabbale, tu travail-

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deras en pure perte et en vain (quand bien même tu aurais la matière requise). Les ténèbres apparaissent sur la face de l’abyme ; la Nuit, Saturne et l’Antimoine des Sapients apparaissent ; noirceur et la tête de corbeau des Alchimistes, et toutes les couleurs du Monde apparaissent à l’heure de la conjonction ; l’arc-en-ciel (Iris) aussi, nonce de dieu, et la queue du paon. Ce sont des mystères remarquables que ceux qui sont enseignés touchant l’arc-en-ciel et dans le vieux et le nouveau Testament. Enfin, après que l’œuvre aura passé de la couleur cendrée au blanc et au jaune, tu verras la pierre des philosophes, notre roi et dominateur des Dominants, sortir de son sépulcre vitreux pour monter sur son lit ( thalamus ) ou throne dans cette scène mondaine, dans son corps glorifié, c’est-à-dire régénéré et plus que parfait, autrement dit de l’Escarboucle brillante, très rayonnante de splendeur, et dont les parties subtilissimes et dépuratissimes, par la paix concordante de la mixtion, sont inséparablement liées et assemblées en un ; égale, Diaphane comme le Cristal ; compacte et pondérosissime, d’une facile fusion dans le feu comme la résine, et fluente comme la cire et plus que le vif-argent, sans fumée cependant ; transperçant et pénétrant les corps solides et compacts, comme l’huile pénètre le papier ; soluble et liquescente dans toute liqueur et commiscible à elle ; friable comme le verre ; de la couleur du safran lorsqu’elle est en poudre, mais rouge comme le rubis lorsqu’elle est en masse intègre (laquelle rougeur est la signature de la parfaite fixation et de la fixe perfection) ; colorant et teignant constamment; fixe dans les tribulations de toutes les expériences et même dans les épreuves par le soufre dévorant et les eaux ardentes et par la persécution véhémentissime du feu ; toujours durable, incal-

cinable, et, à l’instar de la Salamandre, permanente et jugeant justement toutes choses (car elle est à sa manière tout en tous) et clamant : Voici, je rénoverai toutes choses. III. Par le troisième régime s’accomplit 1 ’union inséparable de la pierre philosophique avec le Monde majeur dans ses parties, ce qui est et s’appelle fermentation. Note ce mystère harmonique : Ce qui, dans la kabbale est P union avec dieu de l’homme réduit à la simplicité de la Monade, est la même chose, en Physico-Chimie, que la fermentation de notre Pierre glorieuse et plus que parfaite avec le Macrocosme dans ses parties.

Et : de même que l’homme uni à dieu, en raison de dieu est presque un Dieu humain ou un homme Divin, c’est-à-dire presque déifié, et, pour cette raison, peut tout ce qu’il veut, puisque c’est ce que veut dieu luimême ; de même la pierre des philosophes fermentée avec le Monde majeur dans ses parties, en raison de ce ferment, se transforme en ce qu’elle voudra et opère diversement tout en tout, suivant les natures diverses de chaque chose ; et elle coégalera toutes choses totalement, singulièrement et universellement. Par ceci, ô fils de la doctrine, tu pourras comprendre un peu pourquoi les Philosophes ont imposé à leur azqth le nom de mercure qui adhère aux corps. Si tu comprends parfaitement ceci, sois celui dont on peut vraiment dire : il a déjà accompli la moitié de l’œuvre, puisqu’il a bien commencé. La pierre des Philosophes fermente non seulement simplement avec la Terre et l’Eau ; mais encore avec leurs fruits, c’est-à-dire avec les végétaux, les animaux et les minéraux ; c’est-à-dire avec les médecines préparées par l’art spagyrique au moyen des Végétaux, des Animaux et des Minéraux ; de sorte que ceux-ci sont exaltés en

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vertu par le feu catholique de cette Bénite pierre et sont déduits plus parfaitement et en acte, par sa propre puissance. Elle fermente aussi avec les métaux, savoir : la pierre, à l’état de souveraine blancheur, avec l’argent pur, au blanc ; la pierre, couleur de sang, avec l’or obryzum, au rouge. Et ceci est l’œuvre des trois jours.

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