‹ Anthologie de l'occultismeChapitre 190 sur 229 · FLU DD · texte numérisé non relu

FLU DD

d entendre leurs voix et leurs paroles distinctement à travers l’espace d’une lieue, et ceci d’autant mieux qu’ils appliqueront leur main à leur oreille droite et qu’ils en tourneront la partie antérieure dans la direction de l’air, ce qui a lieu au moyen de l’air même, et sans aucun autre artifice ; or nous connaissons, sans aucun doute, que ceci peut être accompli par des artifices beaucoup plus perfectionnés et cependant connus du vulgaire. Car il est notoire que si quelqu’un se trouvant en rase campagne, se couche par terre, et prend une baguette de bois ou un bâton obîong, en place une extrémité à son oreille et enfonce l’autre extrémité profondément dans la terre, il entendra des hommes converser à une très longue distance ; et même nous pouvons percevoir le bruit des bombardes et le tumulte d’une bataille à neuf ou dix lieues de distance. Ce qui a lieu par l’énorme répercussion, réflexion et multiplication de l’air, de même que nous voyons une petite pierre projetée dans une vaste étendue d’eau ou dans la mer, troubler une très grande quantité d’eau. Et même dans l’observation de ce secret, se cache

l’opération secrète de l’onguent magnétique, que nous passerons ici sous silence. Mais pour nous rapprocher encore plus du sujet qui nous occupe, nous rapporterons ici une autre expérience, par laquelle l’air enfermé agit beaucoup plus efficacement que celui qui est libre. Car si un tube ou un canal, fermé de tous côtés, s’étend soit sur terre, soit sous terre, sur une longueur de mille lieues, nous apprenons, par l’expérience des canaux anciens des Romains, que si quelqu’un applique l’oreille à l’une des extrémités, il aura la révélation des secrets qui se passent de l’autre côté, car il pourra facilement entendre et comprendre les paroles que l’on y prononcera. Ce par quoi il est évident qu’il existe des moyens de tous genres, et

beaucoup plus subtils selon l’art (moyens que la nature et l’usage révéleront) par lesquels ces choses peuvent être accomplies et provoqueront l’admiration.

J’ai entendu une fois un homme fort savant qui s’efforçait de révéler ces secrets en leur donnant une cause acceptable. Il démontrait aussi, de façon fort élégante, que cette chose proposée par les Frères de la Rose-Croix pouvait être accomplie, non par une magie coupable, mais seulement par une cause naturelle. Car il y a parmi nous une autre invention par laquelle nous pouvons signifier nos intentions, au moyen d’une seule lumière allumée, à un ami à quinze ou vingt lieues de distance : et même, avec cette seule lumière en diverses positions, nous pouvons représenter toutes les lettres de l’alphabet.

(Partie première, chapitre ÎVA)

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