TRAITÉ APOLOGÉTIQUE
DÉFENDANT l’iNTEGRITÉ DE LA SOCIETE DE LA ROSE-CROIX
De ta possibilité , pour une personne qui est éloignée d’une autre de quelques centaines de lieues, de recevoir cependant des conseils ou des nouvelles de cette dernière , subitement, soit par vision, soit de vive voix, soit par l’écriture et ceci autant par un moyen naturel que par illumination divine.
— Celui qui, se trouvant en un lieu quelconque, parvient néanmoins à connaître ce que disent les habitants des rives du Gange ou de la Perse, qu’il entre dans l’Ordre de notre Société.
Ayant donné précédemment la théorie de la lumière et des esprits de l’univers, nous parlerons ici de la pratique et des opérations secrètes, ce par quoi nous démontrerons au monde que ces merveilles, selon nous, et au regard des sens des hommes, peuvent être accomplies par l’action secrète de la nature limpide et lumineuse, et
non par les prestiges du Diable. Pour que nous accomplissions ceci, il est nécessaire que nous possédions la disposition occulte de ce moyen spirituel, et la puissance admirable de clairvoyance qui illumine ce moyen, afin que nous puissions, d’un regard d’aigle, pénétrer et expliquer ces arcanes, sans la révélation desquels rien de certain ni d’admirable ne peut accomplir cet art optique, que nous cherchons, dans notre effort, à acquérir. Pénétrons donc, dis-je, par nos yeux intellectuels, dans les entra nies de l’air et de la lumière, afin que nous apprenions, par une recherche supérieure, les mystères qui sont cachés en elles ; et, les ayant parfaitement pénétrés, il ne sera pas difficile d’en rendre promptement raison, puisque l’aimant attire le fer à lui, par un instinct presque naturel, de même que le succin attire la paille, et l’ambre attire l’argent, les poils et les pailles. Et pour la même raison, l’onguent magnétique guérit si admirablement les plaies à une grande distance. Et pour la même raison, l’aiguille aimantée se tourne vers l’étoile polaire.
C’est incontestablement par un artifice naturel, mais très secret et très caché, qu’une personne, se trouvant en un milieu déterminé, et dans sa propre lumière, peut parler avec un absent à plusieurs lieues de distance, de telle sorte qu’ils perçoivent l’un l’autre très distinctement leurs paroles, et qu’ils se répondent l’un à l’autre au travers de l’air. Car des expériences moindres et connues du vulgaire nous enseignent que ceci peut exister. Il nous est donc possible de conclure que ce qui existe en petit existe tout aussi bien en grand. Il a été remarqué que la voix d’une personne peut être perçue distinctement par une autre à un quart de lieue et même à une demi-lieue ; et des observateurs, placés au sommet de montagnes élevées, et s’interpellant réciproquement, ont coutume