ÉLIPHAS LÉVI
ques ordinaires non seulement ne produisent pas, mais tendent, au contraire, à neutraliser les effets du magnétisme animal. La lumière astrale, subordonnée à un mécanisme aveugle et procédant des centres donnés d’autotélie, est une lumière morte, et opère mathématiquement suivant les impulsions données ou suivant des lois fatales ; la lumière humaine, au contraire, n’est fatale que ehez l’ignorant qui fait des tentatives au hasard ; chez le voyant, elle est subordonnée à l’intelligence, soumise à l’imagination et dépendante de la volonté. C’est cette lumière qui, projetée sans cesse par notre volonté, forme ce que Swedenborg appelle les atmosphères personnelles. Le corps absorbe ce qui l’environne et rayonne sans cesse en projetant ses miasmes et ses molécules invisibles ; il en est de même de l’esprit, en sorte que ce phénomène, nommé par quelques mystiques, le respire, a réellement l’influence qu’on lui attribue, soit au physique, soit au moral. Il est réellement contagieux de respirer le même air que les malades, et de se trouver dans le cercle d’attraction et d’expansion des méchants.
Lorsque l’atmosphère magnétique de deux personnes est tellement équilibrée que l’attractif de l’une aspire l’expansion de l’autre, il se produit un attrait qu’on nomme la sympathie ; alors l’imagination, évoquant à elle tous les rayons ou tous les reflets analogues à ce qu elle éprouve, se fait un poème de désirs qui entraînent la volonté, et, si les personnes sont de sexe différent, il se produit en elles, ou le plus souvent dans la plus faible des deux, une ivresse complète de lumière astrale, qu’on appelle la passion proprement dite ou l’amour.
(Dogme et Rituel de Haute Magie. Paris, i854, Tome IL)