VOS FORCES
La pensée est une force réelle. Lorsque vous soulevez un fardeau, vous dirigez votre pensée sur le muscle qui soulève. Plus le fardeau est pesant, plus vous y envoyez de force pensante. Si, en soulevant ainsi, une partie de votre pensée se tourne dans une autre direction, si quelqu’un vous parle, si quelque chose vous effraie ou vous ennuie, une partie de votre force ou de votre pensée vous
abandonne et se dirige vers ce qui a détourné une partie de votre attention.
C’est l’intelligence, la pensée, l'esprit qui meut le muscle qui soulève, comme on se sert d’une corde pour tirer un fardeau. Point de travail sans intelligence. L’intelligence, la pensée, la mentalité et l’esprit signifient à peu près la même chose.
Il importe peu, pour communiquer de la force, que l’esprit, une fois concentré, soit près du corps ou loin de lui. Quand ses forces (ses pensées) sont rassemblées, qu’il soit loin ou près du corps, il est puissant ; et lorsqu’il reprend possession du corps et l’éveille, il est à même de se servir du corps dans la plénitude de sa force.
Mais l'esprit peut rester dispersé toute la nuit. Il peut n’être jamais à même en aucun temps de réunir ses forces. Il peut vivre, ainsi qu’il y en a beaucoup aujourd’hui, avec sa pensée toujours en avance sur l’acte qu’il accomplit ou essaie d’accomplir. Il fait marcher le corps et envoie sa force (sa pensée) à l’endroit vers lequel il se hâte. Il écrit avec le corps, et pense à autre chose. Quand il vagabonde ainsi, il envoie de la force dans tous les sens. Cet état mental, ces émissions de pensée, cette dissipation inutile de force, devient à la fin une habitude à ce point invétérée, que l’esprit peut perdre entièrement le pouvoir qu’il a de rassembler ses forces. Dans cet état, il ne reprend de forces ni la nuit ni le jour.
L’insomnie provient de la difficulté éprouvée par l’esprit à se concentrer et à rassembler ses forces.
L’insomnie provient de la totale incapacité de l’esprit de centraliser ses pensées. Le traitement permanent pour guérir l’insomnie doit commencer dans la journée. Vous devez d’abord amener votre esprit à diriger toute sa pensée sur l’acte que vous êtes en train d’effectuer : si
PRENTICE MÜLFORD
vous attachez votre soulier, pensez à cela et pas à autre chose. Vous vous concentrez ainsi et rassemblez vos forces. Si, attachant votre soulier, vous pensez à votre prochaine emplette, vous perdez inutilement la moitié de votre force. En réalité, vous essayez de faire deux choses à la fois, et vous ne faites bien ni l’une ni l’autre. Vous dispersez votre esprit sur autant de choses que vous pensez, tandis que vous attachez votre soulier. Vous entretenez l’habitude de disperser votre force jusqu’à ce que cette habitude devienne involontaire. Vous augmentez de plus en plus la difficulté qu’a votre esprit de se concentrer, et c’est ainsi qu’il devient de plus en plus difficile pour l’esprit de réintégrer son corps avec force le matin, ou de le quitter le soir.
Vous ne pouvez obtenir de sommeil salutaire la nuit qu’à la condition que l’esprit se retire du corps. L’insomnie indique simplement que l’esprit ne peut pas quitter le corps.
Si l’on tombe dans la dangereuse habitude de rêvasser, l’esprit rêvassera autant en quittant le corps la nuit que lorsqu’il l’occupe pendant la journée ; ou bien, si vous êtes dans une disposition querelleuse, l’esprit combattra, bataillera, haïra durant toute la nuit, et rentrera dans son corps sans forces pour l’utiliser ; parce que combattre, même seulement par la pensée, nécessite l’emploi de la force.
C’est pour ce motif qu’il est dangereux et malsain de laisser « le soleil se coucher sur sa colère », c’est-à-dire d’avoir à l’esprit, juste avant que l’œil corporel se ferme pour la nuit, le souvenir de personnes détestées, et de s’engager ainsi à leur envoyer une pensée haineuse. L’esprit poursuivra le même sentiment après avoir quitté le corps. La haine, c’est simplement de la force dépensée
à se mettre soi-même en pièces, car la haine est une force destructive. Le bon vouloir envers tous est constructeur ; il rend de plus en plus fort. La haine abat La bonne volonté envers tous attire, de tous ceux avec lesquels on entre en contact, des éléments salutaires et édificateurs. Si vous pouviez voir les éléments actifs volant d’eux à vous, dans leur sympathie pour vous, ils vous paraîtraient comme de fins ruisselets de vie alimentant la vôtre. Au contraire, les éléments haineux que vous pouvez exciter chez les autres apparaîtraient s’élancer vers vous sous la forme de sombres rayons d’une substance nuisible et vénéneuse.
En envoyant à celui qui vous déteste une pensée de haine, on ne fait qu’accroître la force et la puissance de cet élément, parce que ces deux éléments opposés et dangereux se rencontrent et se mêlent, agissent et réagissent sur ceux qui les ont émis, alimentant sans cesse leur force de combativité, jusqu’à ce que l’un et l’autre soient épuisés. L’intérêt seul devrait empêcher les gens de se haïr. Cela affaiblit le corps et amène la maladie. On ne voit pas de cynique, de grognon ou de grondeur bien portant : leurs pensées amères les empoisonnent ; leurs maladies corporelles prennent leur source dans leur esprit qui est malade, ce qui rend le corps malade.
(Les Mystères du sommeil .)
WILLIAM CROOKES
Ce savant anglais distingué, qui fut président de la Société chimique de Londres, qui a découvert le thal-
WILLIAM CROOKES
lium , et remarqué, le premier , le bombardement cathodique, est de ceux qui ont le plus contribué à apporter la lumière scientifique dans l'arche sainte de V occultisme. Au lieu d'imiter les rationalistes de son époque, qui refusaient d'étudier les phénomènes psychiques et les couvraient de railleries sarcastiques, il entreprit, vers 1870, une série d'expériences sur les forces invisibles, qui eurent un très grand retentissement. Le récit de ces expériences, publié en plusieurs volumes, parmi lesquels The Phenomena of Spiritualism, Londres, 187 U, est remarquable par la précision, la netteté d'exposition, l'esprit critique et les garanties d'exactitude dont l'auteur s'est entouré. Voici deux spécimens de ces pages remarquables, l'un dans lequel il réfute quelques erreurs relatives aux expériences psychiques, Vautre où il traite des apparitions lumineuses auxquelles il a assisté.