‹ Anthologie de l'occultismeChapitre 32 sur 229 · CHAPITRE D’ÊTRE DANS LA SOCIETE DES DIEUX · texte numérisé non relu

CHAPITRE D’ÊTRE DANS LA SOCIETE DES DIEUX

Je suis Mer et je connais demain. Maître de la résurrection, mystère de l ame créatrice des dieux qui produit les aliments de vie pour ceux qui abordent à l’ouest du ciel, gouvernail de l’est, seigneur des faces qui rayonnent dans sa lumière, maître de la vie future sortant des ténèbres. O les éperviers sur leurs angles, qui écoutent les choses! Je me suis souvenu qu’il y a une cuisse sur le cou et une cuisse sur la tête deA’Amenti. Les Occidentaux passent vers leurs places inconnues, remorquant Râ qui vient en suivant dans la demeure de la puissance, au-dessus du dieu qui est dans son naos dressé comme une muraille terrestre. Lui, c’est moi, et moi c’est lui. J’ai produit la substance brillante que Ptah incruste dans son métal. Invocation pour Râ : Ta face se réjouit de la bonne vérité que tu annonces, qui est ton entrée au ciel et ta sortie à l’Orient. Appel des héritiers, appel à ceux qui adorent le dieu : j’ai rendu agréables tes chemins, j’ai élargi tes routes qui conduisent de la terre au ciel. Resplendis sur moi, âme inconnue. Je m’approche du dieu dont les paroles sont entendues par mes oreilles dans le Tiaou, et le mal ni la souillure n ’existent plus. Je suis délivré, protégé contre celui qui ferme les paupières la nuit : C’est le retour de la nuit sans limites. Je suis l’Inondation. Grand auditeur est ton nom. Je suis maître de l’âme qui m’enveloppe dans son sein. La cuisse de devant est sur le cou, la cuisse de derrière sur la tête de l’Amenti. Adoration de la tête qui surmonte son corps. Me sont livrés ceux qui appartien-

nent au chef des dieux, et il ne sort pas de moi des larmes. Je suis témoin des navigations à la fête du premier et du dernier quartier de la lune dans Abydos. Les verrous sont tirés sur les deux battants. Vos images sont munies de leurs bras qui s’agitent. Ta face est comme celle d’un lévrier, lorsqu’il flaire dans le tombeau. J’agite mes jambes comme Anubis pour m’élancer avant que sorte le flaireur de Tatounen vers les deux Lions, et je suis sauf. Je sors en brisant la porte qui cache les mystères. Celui qui connaît la profondeur de l’eau est mon nom. J’agis selon la faculté des esprits, dont quatre centaines de mille et quatre millions se pressent devant son autel. Je suis leur protecteur faisant circuler les heures au jour que régit la constellation Sahou : les vingt-quatre heures passent ensemble en se présentant une à une, jusqu’à la sixième qui se produit dans le Tiaou, heure nocturne du renversement des ennemis par la vérité de la parole. Ceux qui traversent Tiaou sont lumineux, et Sahou exige que je brille en seigneur de vie vrai et radieux, faisant la septième heure lorsqu’il sort. Des talismans sont pour la protection de ses favoris ; alors le sang coule, les massacrés récemment tombent à terre : le dieu à la double corne me charge de les rassembler. Je m’interdis les mystères ; j’ai été produit pour repousser ceux qui les révèlent. Je vais en conseiller du seigneur des choses, en messager d ’Osiris. Que l’œil ne dévore pas ses larmes. C’est moi le dieu de la demeure angulaire, arrivant de Schklem vers An. Je fais connaître au Bennou les choses du Tiaou. O celui qui établit les mystères qui sont en moi, produisant les transformations comme Khepra, sortant à l’état de disque pour éclairer! J’ai été conçu à l’Ouest du ciel, je donne la lumière aux âmes dans leur coffre, je rayonne

LE LIVRE DE <( SORTIR DU JOUR

sur ceux qui, enfermés, sont dans une cellule. Je traverse le ciel, je passe par sa muraille de fer en y faisant la lumière, je m’envole pour illuminer les esprits, je 1 deviens un soleil des intelligents, me dirigeant vers les productions de la terre. Je marche pour donner le mouvement aux esprits des morts. Je prépare une route bonne vers les portes du Tiaou; je le fais parce que j’accompagne celui qui est en défaillance, je le réconforte, parce que celui qui pleure, c’est celui que je sauve parmi les Occidentaux dont je suis, moi, dieu Aker de la région Aker. J’ouvre et je ferme; cela m’est accordé par le bon seigneur, et je traverse. Qui est donc celui qui dévore dans l’Amenti? C’est moi qui suis dans Ro-Staou; j’entre en son nom, je sors parmi les favoris du seigneur des millions d’années de la terre, qui s’engendre luimême. Celle qui dépose son fardeau et se retourne aussitôt m’a conçu. Est renversée la clôture de la muraille, l’enceinte est renversée. Adoucissement de ce malheur, le Bennou étant jeté sur le dos par les complices, Horus fait luire son œil qui éclaire la terre. Mon nom est son nom, et il n’y a pas de grandeur au-dessus de moi, en ma qualité de dieu-lion, car les invocations à Shou sont pour moi; c’est moi qui le complète excellemment. Je vois ensevelir celui qui est immobile de cœur et ceux qui l’exécutent. L’Inondation s’arrête, alors je sors. Je suis un seigneur de vie, adorateur de Noun, je me meus ainsi. Je sors de la grande demeure d’Osiris. Je suis protégé contre ceux qui font prospérer le mal. Je salue le sycomore, je fais mon asile du sycomore ; j’ouvre le mur de Tiaou. J’arrive, j’embrasse l’Oudja. A quelle époque célèbres-tu la fête de la lune nouvelle, cadavre silencieux? J’arrive pour voir celui qui est dans les replis de Mehen, face à face, œil à œil, contenant les vents

de sa sortie... Tendez-moi les bras, progéniture divine issue de la bouche (à la parole du dieu primordial), qui êtes les levers de T Œil du Soleil. Je suis debout, je me reconstitue, je m’envole au ciel, je me repose sur la terre, chaque jour. J’embrasse mon Oudja dans ma marche, je suis enfanté par Hier, maître des transformations, en serpent aker de la terre. Je me recommence à chaque heure. Le dieu qui cache sa lutte est enveloppé; son enveloppe marche derrière moi. Mon pouvoir magique donne la puissance à mon corps. Je suis protégé par la protection de mes mains. À cet instant de s’arrêter pour converser, l’assemblée des dieux se lève à mes paroles. 0 lion du soleil, levant le bras dans Toser, tu es en moi et je suis en toi, tes formes sont mes formes. Je suis l’Inondation; le grand liquide ignoré est mon nom. Les transformations de Toum, la végétation terrestre de Toum est par moi. J’entre dans Sekhem et j’en sors en pur esprit. Moi l’Osiris N, je vois les formes des hommes éternellement en transformation. Celui qui sait ce chapitre, sa parole fait la vérité sur terre et dans la divine région inférieure; il prend toutes les formes des vivants, grâce à la protection du dieu grand. Ce chapitre fut trouvé à Hermopolis sur un cube de baaqes , écrit en bleu sous les pieds du dieu. Le royal fils Har-doudou-v le trouva là, dans le temps du roi Men-ka-ra, véridique, lorsqu’il voyageait pour faire l’inventaire des temples. Il chantait en lui un hymne devant lequel il fut en extase. Il le porta dans les chariots du roi dès qu’il vit ce qui était tracé sur ce cube : grand mystère! Il ne voyait plus, n’entendait plus, ne cessant de réciter ce chapitre pur et saint, n’approchait plus les femmes et ne mangeait plus chair ni poisson. Ensuite un scarabée de pierre dure, façonné, enduit d’or, sera plaeé sur la poitrine de

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l’homme auquel on aura fait la cérémonie de l’ouverture de la bouche et qu’on aura oint de l’huile de tête; on dira dessus l’incantation magique : Mon cœur de ma mère! Mon cœur de ma mère! Mon cœur nécessaire pour mes transformations! Ne te dresse pas contre moi, ne témoigne pas contre moi, 11e suscite pas d’obstacle parmi les divins chefs et ne te sépare pas de moi devant celui qui tient la balance. Tu es moi-même dans ma poitrine, compagnon divin sauvegardant mon corps. Si tu sors vers la bonne demeure, transporte-nous-y... Qu’il n’y ait pas de gens agressifs contre moi dans la bonne demeure. Que la joie exulte lorsqu’on examinera mes paroles; qu’il ne soit pas dit de perfidie contre moi auprès du dieu grand, et que me protège quiconque sera présent.

(Chapitre LXIV.)

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