SUR LE MOT E I DU TEMPLE DE DELPHES
Ce n’est point par le hasard ou la fortune des lettres, que cette inscription du mot E I a été placée dans le temple d’Apollon à Delphes. Il est plus probable que les prêtres du dieu en firent, dès le commencement, le symbole de notions philosophiques, lui ayant découvert une force particulière.
La lettre E ne diffère des autres lettres, ni par sa puissance, ni par sa forme, ni par sa signification, mais vous jugerez qu’elle possède l’honneur spécial, étant la cinquième lettre de l’alphabet, d’être le symbole du nombre le plus important, du nombre souverain de la nature universelle, le nombre cinq, penta , dont les sapients ont formé le mot pentazein , qui signifie compter.
C’est pourquoi les Pythagoriciens ont appelé ce nombre «Mariage», comme étant composé du premier nombre mâle, ou impair, trois, avec le premier nombre femelle, ou pair, deux. On l’a également appelé «nature», parce qu’en se multipliant par lui-même il se reproduit sans cesse. Et en ceci il imite le principe premier qui dirige l’univers.
En outre, le nombre cinq possède une origine fort belle, sans parler de celle qui provient de l’addition du binaire et du ternaire, que nous avions citée ; mais il naît encore de l’union du principe premier avec le premier carré. Car le principe de tous les nombres, c’est la monade, et le premier nombre carré est le quarternaire. Et de ces deux nombres, comme d’une forme et d’une matière parfaite, provient le nombre cinq.
Mais d’ailleurs la lettre E I ne signifie ni un nombre, ni un ordre, ni un lien, mais elle est par elle-même une appellation, une énumération complète du dieu, qui fait