‹ Anthologie des écrivains français (volume 2)Chapitre 2 sur 65 · CHATEAUBRIAND · texte numérisé non relu

CHATEAUBRIAND

Le Montagnard émigré.

COMBIEN j'ai douce souvenance

Du joli lieu de ma naissance !

Ma sœur, qu'ils étaient beaux, les jours

De France ! O mon pays, sois mes amours

Toujours !

(1) CHATEAUBRIAND ( François - René, vicomte de), né à Saint-Malo en 1768, mort à Paris en 1848. Chateaubriand avait débuté par la poésie. On a de lui des élégies et des poèmes dans le goût de l'époque, et même une tragédie, à peu près illisible : Moïse. Il a cependant rencontré cette heureuse et charmante inspiration, qui mérite de rester par son tour naïf et populaire. C'est dans un voyage au Mont-Dore, en 1805, qu'il entendit et nota cet air des montagnes. Il se l'appropria, et le rendit mélancolique de joyeux qu'il était. « Je n'ai eu dans tout cela, disait-il, d'autre mérite que de mettre en tête de l'air, une fois noté, « adagio » à la placede « allegretto » ; et, ralentissant la mesure au gré de la mélancolie, l'hilarité du pâtre s'est changée en complainte de l'exil. Les paroles, alors, me sont venues d'elles-mêmes. » Cette romance fut populaire dès 1805 sous le titre

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