ANDRÉ THEURIET
Musiques.
DEPUIS que je suis devenu campagnard, je ne fréquente presque plus les concerts. On ne me voit guère chez Colonne ou chez Lamoureux, et je goûte rarement les nobles jouissances d'art que donnent les belles œuvres orchestrales. Je n'entends plus que dans mon souvenir les symphonies de Beethoven, qui remuent l'âme jusqu'en ses intimes profondeurs; les quintettes de IMozart, suaves et tendres ainsi qu'une matinée de
* THEURIET (Claude-Adhémar-^«^f^, né à Marly-le-Roi (Seine-et- Oise) en 1833, mort à Bourg-Ia-Reine en 1907. Après avoir achevé ses études à Bar-le-Duc, il se rendit à Paris en 1854 pour suivre les coiurs de la Faculté de droit. Reçu licencié en 1857, il fut receveur de l'enregistrement en province, puis il entra comme rédacteur au ministère des Finances et prit sa retraite comme chef de bureau. En 1857, il fit paraître ses premiers vers dans la Revue de Paris et la Revue des Deux Mondes ; publia, en 1867, le Chemin des bois, qui fut couronné par l'Académie française. Ses Nouvelles intimes (1870) le firent ensuite connaiître comme un écrivain original, adonné de préférence aux peintures de la vie de province et de famille et possédant une âme passionnée de paysagiste.
Il voulut tenter le théâtre et donna à l'Odéon, le 11 fé\Tier 1871 : Jean- Marie, drame en un acte, en vers, qui est resté au répertoire avec la Maison des deux Barbeaux (1865), Raymonde (1887), les Maugars (1901). Parmi