ANDRÉ T H EU RI ET
mai ; les compositions de Grieg, qui semblent faites de rêve et de féerie, comme un paj'sage de Norvège, et cette Damnation de Faust, qui seule recrée avec des sons la puissante magie du poème de Gœthe. Mais, si je suis sevré des chefs-d'œuvre des maîtres, je ne suis pas néanmoins privé de joies musicales. A défaut de la musique humaine, j'ai la musique de la Nature, et de celle-là on peut dire aussi avec Shakespeare « qu'elle arrive à l'oreille comme un souffle du Midi pa,ssant par-dessus un parterre de violettes, dont elle prend et conserve le parfum ». Bien qu'elles soient œuvres de mystère, les enchanteresses symphonies qui nous viennent des champs et des bois satisfont à toutes les lois de l'harmonie et du rythme. De même que les compositions des artistes, elles s'adressent plus au sentiment qu'à la raison, elles remuent le cœur et suscitent le rêve. On y trouve même le leitmotiv et la mélodie continue. Et combien elles sont variées, riches en sonorités et en thèmes chaudement colorés !
Il y a d'abord la musique des arbres. — Avez-vous été quelquefois vous étendre, par une après-midi de juin, sous un bois de pins? Et là, dans le silence des champs assoupis
ses principaux romans et recueils de poèmes, il faut citer : le Bleu et le Noir (1873), couronné par l'Académie ; Mademoiselle Guignon (1874) ; le Mariage de Gérard (1875) ; la Fortune d'Angèle (1876) ; Raymonde (1877), un de ses romans les plus goûtés ; le Don Juan de Vireloup (1877) ; Sous bois, impressions d'un forestier (1878) ; le Filleul d'un marquis (1878) ; les Nids (1879) ; le Fils Maugars (1879) ; la Maison des deux Barbeaux (1879) ; Toute seule (i88o) ; Sauvageonne, sa conception la plus vigoureuse (1880) ; les Enchantements de la forêt (1881) ; le Livre de la payse, poésies (1882) ; Madame Heurlcloup (1882) ; Péchés de jeunesse (1883) ; le Journal de Tristan, confession autobiographique ; /?îgarreaM (1885); Eusèbe Lombard (1885); les Œillets de Kerlaz (1885) ; Hélène (1886); Nos oiseaux, recueil de jolis vers, illustré par Giacomelli (1886) ; la Vie rustique (1887) ; Ainour d'automne (1888) ; Josette (1888) ; Deux Sœurs (1889) ; Contes pour les soirs d'hiver {1890) ; Reine des bois {1890) ; Charme dangereux (1891) ; la Ronde des Saisons et des Mois (1892) ; la Charmeresse (1893) ; Fleur de Nice (1896) ; Boisfleury (1897) ; le Refuge (1898) ; Villa Tranquille, Dorine (1899) ; Claudette (1900) ; la Petite Dernière (1901) ; le Manuscrit du chanoine; la Sœur de lait. Sensations d'enfant: M. Lulu (1902); Histoires galantes et mélancoliques ^1903); Souvenirs des vertes saisons ; les Revenants (1904); Mon oncle Flo {1906), etc.
André Theuriet est un écrivain d'un goût délicat, qui a l'amour de la nature et le sens profond du paysage. Sa langue, saine et franche, est à la fois limpide et colorée.