RENÉ BAZIN
averti, voit votre projet d'un fort bon œil. Je vous prie, Monsieur, de vous considérer ici comme chez vous.
— Monsieur, je ne sais comment vous remercier...
— A demain donc, Monsieur.
— Monsieur, je suis votre humble serviteur.
(La Vieillesse d'Hélène.)
Calmann-Lévy, éditeur.
RENÉ BAZIN* iS^^
Un ménage breton.
ILS étaient assis, l'homme et la femme, en haut de la colline, j sur le seuil de la ferme, la tête appuyée sur la paume des mains, lui très grand , elle très petite, tous deux Bretons de race ancienne. L'ombre achevait de tomber.
Une bande rouge, mince comme un fuseau, longue de bien des lieues, à peine entamée, çà et là, par l'ondulation lointaine des terres, laissait deviner l'immensité de l'horizon qu'ils avaient
* BAZIN (René), né à Angers en 1853. Il s'est fait connaître par des nouvelles, des romans, des impressions de voyage en France, en Espagne, en Italie. C'est un écrivain délicat et tendre, ayant un sentiment très vif de la nature, et qui excelle à ressusciter les moeurs du passé. Parmi ses ouvrages, nous citerons : SUphanctle (1883); Ma Tante Giron (i885); Victor Pavie (1887); Une tache d'encre (1888); les Noellet (1889) ; A l'aventure {i8go); la Légende de sainte Béga (1891); la Sarcelle bleue (1892); StctVe (1892); Madame Corentine {iSg2) ; Humble amour (1894); les Italiens d'aujourd'hui (1894); Terre d'Espagne (1895); En province (1896); De toute son âme (1897); Contes de bonne Perrette (1898) ; la Terre qui meurt (1889); les Oberlé (1901); Donatienne (1903); Récits de la plaine et de la montagne (1903); l'Isolée (1905), le Blé qui lève (1907); Mémoires d'une vieille fille (1908); la Barrière (1910); Gingolph l'abandonné (1914) ; les Nouveaux Oberlé (igig) ; Charles de FoucauLl, (1922), etc.. II a été élu membre de l'Académie française en 1903.