MAURICE MAINDRON
avant que d'atteindre la dernière porte qui donnait sur la vaste esplanade où, plus d'une fois, il avait assisté Clérambon dans la direction des exercices. Au milieu du grand terrain soigneusement battu, enclos de toutes parts par une chemise dont les créneaux surmontaient la banquette coupée de place en place par des bastions qui dépassaient comme des avants de galères, se dressait le maître de la Roche-Thulon. Monté sur un cheval d'armes noir bardé d'acier gravé et doré, le comte de Clérambon portait par-dessus son harnois de même travail une robe étroite de velours écarlate, insigne de commandement suprême, indiqué aussi par le démesuré plumet blanc qui recourbait ses pennes en crosse à trois pieds au-dessus de son armet, dont le bec pointu semblait celui d'un gigantesque passereau aveugle.
A la sonnerie du trompette, il leva son mézail, et sa face blême apparut, encadrée dans le fer étincelant chargé de bandes dorées et dans le velours cramoisi de la coiffe qui dépassait à border les joues. S'avançant avec sa suite de dix oflEiciers et cinquante pages qui formaient un groupe où l'éclat des métaux se confondait avec le chatoiement des soies et des plumes, des brocarts et des damas, il salua le marquis de l'épée. Puis, quand celui-ci l'eut rejoint, Clérambon le prit par la main et le mena devant le front des troupes qui portèrent les armes. Cent cinquante cavaliers divisés en deux masses flanquaient de leurs escadrons profonds la triple ligne des gens de pied, rangés sur un déploiement de soixante hommes. Tous ces fantassins avaient les corselets et les movrions suivant le modèle de Pise, une manche de velours noir et vert, des bras de mailles; la plupart avaient des arquebuses et des mousquets, quelques autres des piques, et leurs épées, leurs dagues étaient engainées dans des fourreaux de velours. Mais les reîtrcs étaient tous pris dans des armures noires et blanches, leurs chevaux étaient gris de fer, et de tous ces soldats, les plumets et les aigrettes étaient noirs, uniformément.
— Messieurs, — clama M. de Clérambon d'une voix haute et vibrante, — je vous présente en ce jour le marquis de Saint-Cendre, mestre de camp de Messieurs les Princes, qui va vous mener à la guerre avec moi.
Les exclamations des gens de pied se mêlèrent aux rauques vivats des Allemands, car tous connaissaient le fameux marquis, et chacun se réjouissait à l'idée de marcher sous ses ordres, tant on savait qu'il y aurait à gagner...
Après une pirouette, mettant son cheval au galop sur deux
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pistes, M. de Clérambon recula pour laisser aux troupes l'espace nécessaire à leurs manœuvres. Au milieu de la musique des trompettes, des hautbois et des fifres, du roulement des tambours, du grincement des violons, les corps se mêlèrent, tourbillonnèrent avec art, et reprirent leur place comme des objets emportés par le remous d'un fleuve se tassent, accumulés dans un bief, suivant leur ordre de naturelle densité.
Sous les yeux attentifs de Clérambon et de Saint-Cendre, la petite armée défila sans qu'une pointe de pied dépassât une autre, et les muserolles des chevaux étaient alignées de telle sorte que les serre-file se laissaient seuls voir par le flanc et que les jambes des chevaux indiquaient par leur nombre la profondeur des rangs. Quand un gros passait, le rittmestre, trottant de côté, se détachait, venait saluer le colonel, — car M. de Clérambon faisait portera ce titre, derrière lui, la grande enseigne blanche, et aussi son guidon coupé de sable et de sinople sur quoi était figuré un moine pendu, — et demeurait à sa droite, à trois longueurs en avant, jusqu'à ce que ses hommes fussent passés.
Et tous les cavaliers d'Allemagne, quel que fût le rang où ils combattissent, montraient sous leurs armures à longs cuissots en écrevisse, noirs striés d'argent, des manches et des chausses démesurément vastes, à crevés, à taillades, par où passaient des doublures de soie claire; et ces vêtements s'étranglaient sous les courroies reliant les diverses pièces des hamois. Les reîtres défilèrent par rangs de quinze hommes sur une profondeur de dix cavaliers par file, et à leur tête marchaient des timbaliers empanachés, comme des coqs, faisant résonner leurs cuves de cuivre voilées par des tabliers de cendal brodé, couleur de tan, avec l'aigle de Brandebourg étalé. Et les mêmes armoiries marquaient Içs sayes des hommes qui levaient haut leurs courtes baguettes. Elles descendaient et montaient à la cadence de la marche, soulevant le son âpre des cuivres. Derrière, en queue, les valets, armés plus à l'aventure, avaient des airs de maîtres, tant leurs bêtes de bât ou de selle étaient bien tenues; beaucoup menaient des chevaux de main, des faucons et des chiens. Les vivandières, les femmes et les enfants gardaient une tenue militaire, et ils ne se confondaient pas comme les bêtes d'un troupeau pressé. Des bas officiers qui les surveillaient de près, Clérambon admirait l'exacte police; car, sans souci des personnes, ils donnaient à propos de la canne sur ceux qui semblaient entrer en désordre. Et toutes ces
femmes passèrent sur leurs mules, leurs courtauds ou leurs sommiers; beaucoup tenaient des petits nouveau-nés dans leurs bras, et l'on se réjouit à voir une d'elles qui portait un singe, une autre qui, sous son manteau, avait un renard à collier d'orfèvrerie.
(Saint-Cendre.) Fasquclh, éditeur.
PAUL HERVIEU* i8^j-ic,i6
Les Dangers et les Charmes du monde.
Monsieur Cyprien Mavfaux à Monsieur Guy Marfaux, artiste peintre, au château de Pontartné.
Paris, 6 octobre 1893.
MON cher garçon, je te concède que tu sois en passe de deve nir tout à fait gentilhomme, car te voilà déjà insolent.
J'aurai, néanmoins, la grandeur d'âme de te remercier pour tes importantes corrections sur les bévues de mon dernier bouquin. Je m'y conformerai par un remaniement de l'édition qu'on en va incessamment retirer : désormais, mes domestiques feront leurs trois toilettes par jour; et j'intercalerai, quelque part, un artiste peintre qui, fils d'agent voyer, n'en interpellera pas moins les duchesses par leur tout petit nom.
Note, mon garçon, que je suis enchanté, pour toi, que tu te plaises si cordialement, puisque cela t'échoit, à mener la vie d'un Valois ; et — sans insinuation déplacée, honneur aux
*HERVIEU {Paul-Emest), né à Neuilly-sur-Seine en 1857, mort à Paris! en 1916. Il fut inscrit d'abord au barreau de Paris, puis se tourna vers la' carrière diplomatique. Secrétaire à la légation française au Mexique, il donna se démission en 1880 pour se consacrer à la littérature. Il publia, sous le pseudonyme d'EuACiN, des chroniques et des nouvelles où l'on remarqua une curieuse aptitude à noter de chaque chose le trait caractéristique, une vigueur de pensée et d'expression qui va parfois jusqu'à la rudesse, une manière enfin très spéciale de présenter la vie en raccourcis puissants. L'humoriste énergique de Diogène le Chien (1882), de la Bêtise parisienne (1883), de l'Alpe homicide (1885), donna toute sa mesure dans
(James je suis convaincu que, avec ton aimable tournure,
cela doit t'aller parfaitement. Mais, parole! j'avais rêvé, en ta faveur, une autre destinée.
T'avais rêvé que tu continuasses à être ce que tu étais, ou plutôt à devenir ce que tu devenais, alors que tu suivais une existence vraiment digne d'un artiste. Et c'est dans cette période-là que tu as donné les preuves, ne t'en déplaise, qui jusqu'à nouvel ordre restent les plus brillantes, de ton talent.
Certes, j'ai toujours applaudi, du meilleur cœur, à cette forme de ton succès qui consistait à recevoir les visites des gens du monde dans ton atelier. Car, là, tu étais bien à ta place, bien chez toi, bien maître de la situation. Les uns et les autres, dans ces conditions, ne pouvaient que t 'entretenir de ton art, t'en flatter, t'encourager par l'hommage de leur démarche et de leurs félicitations, si médiocrement qu'elles fussent
tournées.
Où tu es maintenant, chez eux, l'affaire est tout autre. Logiquement, et à l'inverse, c'est à toi qu'il incombe de leur parler de leur mérite ; et, pour cela, il faut d'abord que tu perdes ton temps à leur en découvrir. Dans leur milieu, tu ne peux leur avoir l'air que d'un mondain amateur, de même que ceux des leurs qui venaient, à ton atelier, te soumettre de leur peinture, étaient pour toi des peintres amateurs. Possible que tu ne t'aperçoives pas de cette transformation dans la nuance à ton égard, mais elle est certaine. Quand leurs peintraillons viennent à toi, tu les juges, en bonne rosse que tu es ; quand tu vas à eux, ils te jugent. Et tu peux, mon garçon, compter sur leur rosserie.
Ce que je te reproche gravement, c'est que tu en sois à préférer la société du premier baron coiffé — tâche, au moins, que
ses romans : Flirt (1890); Peints par eux-mêmes 1893); l'Armature (1893); les Yeux verts et les yeux bleus, Deux Plaisanteries, le Petit Duc, V Inconnu, l'Exorcisée; mais c'est au théâtre surtout : les Tenailles (1895); la Loi de l'homme (1897); la Course du flambeau (1901); l'Énigme (1901); Théroigne de Méricourt (1902), que devait réussir ce talent si ferme et si hardi. On lui doit encore : le Dédale (5 actes, 1903) et le Réveil (3 actes, 1905) ; Bagatelle (1912); Connais-toi (1913).
Le talent de Paul Hervieu comme dramaturge a acquis une grande sûreté ; ses pièces sont bien ordonnées. Des qualités d'observation profonde, d'analyse pénétrante et concise, s'y manifestent avec une intensité qui dépasse parfois le but, et aussi avec une préoccupation toujours croissante des problèmes sociaux.
ce soit par toi — à celle des personnalités de valeur parmi lestiuelles et grâce auxquelles tu es parvenu à être ce que tu es. Un peu de plus j 'aurais dit : ce que tu as été.
Voyons, réponds : dans ta nouvelle fréquentation, les hommes sont-ils seulement à moitié aussi intelligents que dans l'ancienne ? Les femmes sont-elles plus jolies, plus satisfaisantes, plus fournies sous quelque rapport?
Non, n'est-ce pas?
Alors, quoi? Qu'est-ce qui t'attire, te capte? Je vais te le dire, mon garçon :
1° L'espoir de gagner facilement de l'argent.
Eh bien ! c'est du propre ; et, en définitive, tu te trompes : il n'y a rien d'aussi rat que les gens du monde.
2° L'agrément de te pavaner et de te prélasser dans du luxe.
Mais, bon sang ! le luxe des autres est une provocation contre soi, un outrage privé, un attentat public ! Il nous fait mal aux yeux, il nous démange la peau ; il nous rendrait voleur, assassin.
3" La vanité qu'on attrape, en se frottant à la vanité de titres nobiliaires, de noms pompeux (et surtout pompiers).
Voilà. Cherche à ton tour dans tes mobiles ; et je te défie de me signaler rien de mieux ni rien de plus.
Sur ce, oseras-tu soutenir, à présent, que ta valeur morale, intellectuelle et talentueuse n'ait pas diminué, depuis l'époque où l'argent, le luxe et les armoiries te faisaient faire la nique, quand tu travaillais pour toi seul, et qu'il n'y avait de riche à ton gré que la gloire des maîtres, de noble et de somptueux que les futures œuvres dont tu nourrissais l'idéal?
Ce que tu as pu produire, grâce au sol désert et abrité sur lequel ton art a poussé, je le sais et tu le sais. Chacun a pu constater, par les fruits, que ce sol était à ta convenance. Nul ne sait encore ce que tu donneras, une fois transplanté. Peut-être rien. Prends garde !
En outre, et c'était fatal, tu t'écartes de tes anciens amis, de ceux qui t'ont soutenu, prôné, et qui furent tes garants. Justement, l'ami Garriard, qui dînait hier à la maison, m'a dit que ton nouveau monde te faisait le plus grand tort et que, quand on serait bien convaincu de ton option pour la droite, tu n'aurais bientôt plus le groupe des vrais artistes à tes côtés.
Or, si je vois quels partisans tu perds, je ne vois guère que tu en acquières d'autres. Je ne conteste pas que ton marquis de Nécringel ne te comble de prévenances. Entendu : il est charmant, il ne dédaigne pas de se montrer en ta compagnie chez
ses fermiers ; de plus, il t'a fait une cornmande, et il doit en • avoir pour toi le genre d'estime que les messieurs de son espèce ont envers quelqu'un qui leur gagne leur argent, ailleurs qu'aux nobles jeux du hasard, c'est-à-dire en travaux manuels. Et je suis convaincu aussi que cela coûte encore moins à M. le comte, son beau -père, de te considérer comme l'égal de Théodore Rousseau pour les portraits et de Vélasquez pour les paysages. Mais réflécliis à ceci : ta raison, ton unique raison d'être en cour auprès de ces seigneurs, ce sont les éloges que tes amis de la première heure ont pensés, dits et imprimés sur toi. Car, au banquet restreint de la haute vie, le mérite individuel n'est presque rien, l'individu en soi est trop peu de chose pour avoir droit à l'un des couverts très strictement comptés. Nul n'y est admis qu'en représentation, en qualité de représentant. On y représente tantôt des aïeux, tantôt des capitaux ou des électeurs, ou encore des admirateurs et du succès.
Par conséquent, mon cher garçon, si tu veux conserver ton titre à piquer les assiettes de ce monde-là, ne rebute pas la clientèle d'esprits ingénus et de cœurs enthousiastes qui ont établi ta notoriété et qui sont le seul appui solide d'un artiste.
Là-dessus, je te remercie de t'être informé affectueusement des nouvelles de mon intérieur.
Léontine tient très bien la maison, de telle sorte que, pour la première fois de mon existence, j'ai des économies. Je te souhaiterais une femme pareille, malgré la vivacité avec laquelle on déblatère contre le collage. Car, du train où je te vois parti, j'appréhende toujours que tu ne veuilles te lancer dans quelque liaison copurchic. Tu as du cœur, mon bon petit : et une de tes grandes dames, à hnge fleurdelisé, ne te prendrait que comme passe-temps. Il faut te garer de cela surtout, encore plus que de tout, je t'en prie, parce que la tentation est sans doute forte et que la déception te serait rude.
Ce que Léontine a tout à fait de bon garçon, c'est de se plaire absolument chez nous et de ne faire la tête à aucun camarade. Comme ça, l'on peut vivre selon le traintrain qui me plaît, laisser venir les idées et en échanger avec les autres, dans la fumée des pipes.
L'ami Garriard vient presque tous les soirs, ou bien on le retrouve pour souper, après le spectacle, les soirs de premières. C'est là le seul genre de sorties auquel tient Léontine, et que je lui accorde volontiers. L'autre soir, Garriard nous a lu le
CONTSMPORAINI — PROSB 7
premier acte de sa pièce, qui est fichtrcment bien. Il y avait aussi là Jinker, qui nous a joué, à quatre mains, avec Mélanie, le morceau qu'il a composé pour leur mariage et qu'il intitule : « La Marche nuptiale des unions régularisées. » On s'est tordu. Et puis, on a discuté pour savoir si, Léontine et moi, nous ne devrions pas nous marier aussi, à notre tour. Mais à quoi bon ? Nous n'avons à nous gêner pour personne, et rien ne nous manque. Du reste, Léontine a dit qu'elle ne le voudrait pas.
Quant à mon travail, je poursuis mon roman sur les caissiers. Garriard dit déjà que ça va être épatant. Il m'a d'ailleurs, luimême, donné quelques bons détails sur des coups que le second mari de sa mère a faits avant de filer en Belgique.
Réponds-moi, petit frérot, que tu n'en veux pas à ton vieux de sa morale ; et préviens-moi quand tu seras sur le point de revenir, pour qu'on ait les amis ordinaires avec un repas extra.
Ton CypRiEN Marfaux.
(Peints par eux-mêmes.)
Lemerre, éditeur.
i8^8-ic)i^ RÉMT DE GOURMONT
Henri de Régnier.
CELUI-LA vit en un vieux palais d'Italie où des emblèmes et des figures sont écrits sur les murs. Il songe, passant de salle en salle, il descend l'escalier de marbre vers le soir, et s'en va dans les jardins, dallés comme des cours, rêver sa vie parmi les bassins et les vasques, cependant que les cygnes noirs s'inquiètent de leur nid et qu'un paon, seul comme un roi, semble boire superbement l'orgueil mourant d'un crépuscule d'or. M. de Régnier est un poète mélancolique et somptueux : les deux mots qui éclatent le plus souvent dans ses vers sont les mots or et mort, et il est des poèmes où revient jusqu'à faire peur l'insistance de cette rime automnale et royale. Dans le recueil de ses dernières œuvres on compterait sans doute plus de cinquante vers ainsi finis : oiseaux d'or, cygnes d'or, vasques d'or, fleur d'or et lac mort, jour mort, rêve mort, automne mort. C'est une obsession très curieuse et • symptomatique, non pas et bien au contraire d'une possible indigence verbale,
*GOURMONT (Rémy de), né à Bazoches-en-Houlme (Orne) en 1858, mort à Paris en 1915. Attaché, en 1883, à la Bibliothèque Nationale, Rémy de Gourmont fut révoqué de ses fonctions en 1891, à la suite de la publication d'un article intitulé le Joujou patriotisme.
Écrivain d'une extrême richesse, maître du style, Gourmont a eu sur l3 littérature de son temps une influence considérable. Esprit très souple, animé d'une curiosité inlassable, il eut des connaissances très étendues. Son premier livre original, succédant à des ouvrages de vulgarisation, fut un roman : Merlette (1886). Mais il affirma surtout sa personnalité dans Sixtine {1890). Gourmont a cultivé toutes les formes littéraires avec un égal talent. Il fit représenter, en 1891, au Théâtre d'Art, Théodat, poème dramatique. Simone, les Litanies de la Rose, les Oraisons mauvaises, les Divertissements, etc., ressortent du lyrisme pur. Le Livre des masques, une de ses œuvres capitales, évoque en deux volumes (1896-1898) la plupart des figures marquantes de la littérature moderne, analysées selon un procédé de critique très neuf. Citons encore, dans des genres très divers, le Latin mystique (1892), où Gourmont s'essaye à la philologie pittoresque ; l'Idéalisme (1893) ; le Pèlerin du Silence, contes philosophiques (1896) ; V Esthétique de la langue française {1899) et le Problème du style (1902), admirables études ; la Physique de V Amour (1903), d'une portée scientifique et morale. Mais le genre, avec