LA RELIGION
Dieu créateur
OUI c'est un Dieu caché que le Dieu qu'il faut croire, Mais tout caché qu'il est, pour révéler sa gloire Quels témoins éclatants devant moi rassembles ! Répondez, cieux et mers, et vous, terre, parlez !
(*) RACINE (Louis), fils du grand Racine, né et mort à Paris (i692-i763). l/n'ava* Jue ept ans à la mort de son père et manifesta de bonne ^heure il n avait qie 1 remontrances de Boileau, qui lui
avocat, il renonça au barreau et se retira quelque temps a 1 Oratoire. I.
Quel bras peut vous suspendre, innombrables étoiles ? fc
Nuit brillante, dis-nous qui t'a donné tes voiles ?
O cieux, que de grandeur et que de majesté !
J'y reconnais un maître à qui rien n'a coûté,
Et qui dans vos déserts a semé la lumière,
Ainsi que dans les champs il sème la poussière.
Toi qu'annonce l'aurore, admirable flambeau, Astre toujours le même, astre toujours nouveau, Par quel ordre, ô soleil, viens-tu du sein de l'onde Nous rendre les rayons de ta clarté féconde ? Tous les jours je t'attends, tu reviens tous les jours ; Est-ce moi qui t'appelle et qui règle ton cours ?
Et toi dont le courroux veut engloutir la terre. Mer terrible, en ton lit quelle main te resserre ? Pour forcer ta prison tu fais de vains efforts : La rage de tes flots expire sur tes bords ; Fais sentir ta vengeance à ceux dont l'avarice Sur ton perfide sein va chercher son supplice. Hélas ! prêts à périr, t'adressent-ils leurs vœux ? Ils regardent le ciel, secours des malheureux. La Nature, qui parle en ce péril extrême, Leur fait lever les mains vers l'asile suprême ; Hommage que toujours rend un cœur effrayé Au Dieu que jusqu'alors il avait oublié.
La voix de l'univers à ce Dieu me rappelle ; La terre le publie : « Est-ce moi, me dit-elle, Est-ce moi qui produis mes riches ornements ? C'est Celui dont la main posa mes fondements.
là qu'il composa son premier ouvrage, le poème religieux de la Grâce(i~2o). A partir de 1722, il fit une carrière dans l'administration des finances et prit, en 1746, sa retraite de directeur des gabelles à Soissons. Ses dernières années furent attristées par la mort de son fils unique, qui périt a Cadix dans le ras de marée occasionné par le tremblement de terre de 1755. La poésie de Louis Racine est estimable, mais froide. Outre son poème de la Grâce, il a composé un grand poème de la Religion (1742), qui est son œuvre la plus importante; des Odes (son Ode sur l'harmonie fut longtemps réputée) ; des Epitres en vers ; des Réflexions sur la poésie (1742). Il a laissé aussi de précieux Mémoires sur la vie de Jean Racine et une traduction du Paradis perdu, de Milton.
BERNIS ti)
Si je sers hs besoins, c'est lui qui me l'ordonne : Les présents qu'il me fait, c'est à toi qu'il les donne ; Je me pare des fleurs qui tombent de sa main : Il ne fait que l'ouvrir et m'en remplit le sein. »
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