I?6S RULHIÈRE
Si mon cœur par mes sens devait être amolli :
O Temps 1 je te dirais : « Préviens ma dernière heure,
Hâte- toi que je meure ; J'aime mieux n'être pas que de vivre avili. »
Mais si de la vertu les généreuses flammes Peuvent de mes écrits passer dans quelques âmes ; Si je peux d'un ami soulager les douleurs ; S'il est des malheureux dont l'obscure innocence
Languisse sans défense, Et dont ma faible main doive essuyer les pleurs ;
O Temps, suspends ton vol, respecte ma jeunesse ; Que ma mère, longtemps témoin de ma tendresse, Reçoive mes tributs de respect et d'amour 1 ■ Et vous, Gloire, Vertu, déesses immortelles, Que vos brillantes ailes Sur mes cheveux blanchis se reposent un jour.
I?68 RULHIERE*