‹ Anthologie des écrivains françaisChapitre 46 sur 87 · DUCIS · texte numérisé non relu

DUCIS

Et toi qui les défends des loups, Chien vigilant, brave et docile ; Et toi, pasteur sensible et doux, Dont l'œil les suit, les compte tous, Et leur cherche un vallon fertile, De vous que j'aime à m'approcher !

Bientôt, en vers faits pour toucher, De moi vous aurez une idylle.

Avec eux je rentre à la ville :

Ce pasteur, c'était un boucher.

A une Hirondelle.

BONJOUR, ma petite hirondelle,

Allons, jase et me renouvelle

Ton charmant caquet du matin,

Si gai, si joli, tel enfin

Qu'il doit plaire à tout honnête homme.

Quant au scélérat, tu lui dis :

« Tu seras pris, tu seras pris. »

Oui, cela sera ; c'est tout comme :

Du ciel on ne se moque pas.

De tes chants et de tes ébats

Goûte en liberté tous les charmes ;

Sur tes petits sois sans alarmes ;

De doux mets fournis leurs repas ;

Avertis-moi bien de l'orage ;

Suis les zéphyrs, crains les frimas ;

Sois heureuse en tous les climats ;

Si tu pars, adieu, bon voyage !

Mais tu reviendras, l'an prochain,

Recommencer ton petit train

Au haut de mon troisième étage.

Puis, nos emplois nous reprendrons :

Toi, sous des tours, sous des corniches,

Tu chasseras aux moucherons ;

Sur le Parnasse, aux environs,

Moi je prendrai des hémistiches.

n6 — DU CI S

Comme toi, je monte et descends.

Tu fends l'air, parcours les étangs, Vas, reviens, sans lasser ton aile, Et tu nous fait voir, en volant, Œil de feu, petit ventre blanc, Plume noire, et fuite éternelle.

A mon petit logis.

PETIT séjour, commode et sain, Où des arts et du luxe en vain On chercherait quelque merveille ; Humble a?ile où j'ai sous la main Mon La Fontaine et mon Corneille; Où je vis, m'endors et m'éveille, Sans aucun soin du lendemain, Sans aucun remords de la veille; Retraite où j'habite avec moi, Seul, sans désirs et sans emploi, Libre ds crainte et d'espérance; Enfin, après trois jours d'absenc ?, Je viens, j'accours, je t'aperçoi!

O mon lit, ô ma maisonnette!

Chers témoins de ma paix secrète!

C'est vous! vous voilà! je vous voi!

Qu'avec plaisir je vous répète :

Il n'est point de petit chez soil

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