‹ Anthologie des écrivains françaisChapitre 57 sur 87 · POÉSIES FUGITIVES · texte numérisé non relu

POÉSIES FUGITIVES

Le Souvenir

CESSE de m'abuscr, fugitive espérance !

Tu n'es pour les humains qu'un fantôme imposteur ; Les tourments prolongés accroissent ta puissance ; Tu leur dois des autels et ton nom séducteur.

Vainement on contemple une rive fleurie,

Où l'on n'arrive point, malgré tous ses efforts ;

J'aime mieux remonter le fleuve de la vie

Que d'en suivre le cours sans atteindre ses bords.

(*) BOUFFLERS (Catherine-Stanislas -Jean, marquis DE), né à Nancy en 1738, mort à Paris en 1815. Fils de la célèbre marquise qui fut l'ornement de la cour de Stanislas, il était destiné à l'Eglise, mais il opta pour l'uniforme. En qualité de capitaine de hussards, il fit la campagne de Hanovre, fut nommé colonel, et, après avoir assisté au combat d'Ouessant, devint brigadier d'infanterie (1780) et maréchal de camp (1784). En 1785, le maréchal de Castries le fit nommer gouverneur du Sénégal et de Gorée. Revenu en France en 1788, il entra à l'Académie. En 178g, il fut envoyé aux états généraux, et s'y montra ami du progrès et des institutions nouvelles ; mais bientôt, effrayé par le mouvement révolutionnaire, il émigra après le 10 août, obtint du roi de Prusse de vastes concessions en Pologne pour un essai de colonie en faveur des émigrés, fut nommé membre de l'Académie de Berlin et épousa Mm>i de Sabran. De retour en France en 1800, il se retira dans ses terres, et acheva paisiblement sa vie.

Outre ses Lettres sur un voyage en Suisse (1770), on a de lui des contes en prose, dont le plus connu est Aline, reine de Golconde (1761) ; le Cœur, poème, (1763); Poésies et pièces fugitives (1782); le Derviche, conte oriental (1810); Essai sur les gens de lettres (1811) ; etc.

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