‹ Anthologie des écrivains françaisChapitre 58 sur 87 · BOUFFLERS · texte numérisé non relu

BOUFFLERS

Plaisirs évanouis, par vous mon âme émue Se recueille et frémit toujours de volupté : Tels ces feux étoiles, en tombant de la nue,

Souvenir caressant, frère du plaisir même, Il n'a point ta durée et ta douce langueur : Le plaisir est la fleur qui passe et que l'on aime ; Le souvenir en est l'inaltérable odeur.

Vers de la part d'une Dame qui envoyait de ses cheveux blancs à un Ami.

LES voilà, ces cheveux que le temps a blanchis ! D'une longue union ils sont aussi le gage, Je ne regrette rien de ce que m'ôta l'âge :

Il m'a laissé de vrais amis.

On m'aime presque autant, j'ose aimer davantage. L'astre de l'amitié luit dans l'hiver des ans; Elle est le fruit du goût, de l'estime, du temps ; On ne s'y méprend plus, on cède à son empire,

Et l'on joint, sous les cheveux blancs, Au charme de s'aimer le droit de se le dire.

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