LÉONARD 17S
La constance n'est point la vertu d'un mortel ;
Et, pour être constant, il faut être éternel.
D'ailleurs, quand on y songe, il serait bien étrange
Qu'il fût seul immobile : autour de lui tout change ;
La terre se dépouille, et bientôt reverdit,
La lune tous les mois s'accroît et s'arrondit...
Que dis-je ? en moins d'un jour, tour à tour on essuie
Et le froid et le chaud, et le vent et la pluie.
Tout passe, tout finit, tout s'efface ; en un mot,
Tout change : changeons donc, puisque c'est notre lot.
^rO* ^^
LÊOSARD* 1787