‹ Anthologie des philosophes français contemporains [microform]Chapitre 17 sur 70 · LA NOTION PRIMITIVE DE L'INDIVIDU · texte numérisé non relu

LA NOTION PRIMITIVE DE L'INDIVIDU

...L'analyse des institutions et des mœurs permettait de déterminer avec une certaine précision comment les primitifs se représentent les rapports de l'individu avec les êtres et les objets qui l'entourent, et en particulier avec son groupe social. Mais ce qu'est, à leurs yeux, l'individu pris en lui-même, de quels éléments spirituels ou matériels il se compose, comment il vit et il meurt, ce sont là des problèmes beaucoup plus difficiles à résoudre. Les raisons en sont évidentes. En premier lieu, nous ne pouvons supposer chez les primitifs, pas plus sur ce point que sur

d'autres, de curiosité spéculative, de besoin de savoir pour savoir. Il trouve une satisfaction suffisante dans les expli« cations mystiques que la mentalité primitive tient toutes prêtes dans chaque cas.

Nous nous trouvons ainsi en présence de représentations collectives peu nettes, où les éléments émotionnels prédominent, et dissimulent de grosses contradictions qui ne sont ni aperçues ni senties par les primitifs. D'où deux causes d'erreur, également difficiles à éviter : ou nous contenter de notions confuses et contradictoires, qui ne sont pis telles pour la mentalité primitive, et par cette fidélité apparente, donner une idée fausse de ses représentations, — ou bien y introduire une clarté et une cohérence interne dont elle n'éprouve pas le besoin, et ainsi lui devenir infidèle d'une autre façon. Pour essayer d'échapper à l'un et à l'autre danger, une seule voie s'offre à nous : nous placer du mieux que nous pourrons au point de vue de cette mentalité même, afin de restituer l'individualité telle qu'elle se la représente, et dans la mesure du possible éclaircir ce qui nous paraîtra là confus et contradictoire par l'ensemble de ses représentations collectives, et par les principes généraux qui les régissent.

En second lieu, nous ne pouvons guère espérer, sur un tel sujet, de témoignages tout à fait satisfaisants. Même en supposant chez les observateurs une compétence suffisante et un effort sincère pour décrire les faits tels qu'ils sont, et non pas tels qu'ils souhaitent, plus ou moins inconsciemment, de les trouver, on ne peut se fier à leurs dires qu'avec les plus grandes précautions. Ils admettent presque tous, sans y avoir réfléchi et comme si d'autres hypothèses n'étaient pas possibles, que les primitifs ont des croyances semblables aux leurs, et qu'à leurs yeux l'individu humain

AfïTHOLOGIE DES PHILOSOPHES

LUCIEN LEVY-BRUHL

se compose d'une âme et d'un corps, c'est-à-dire de deux substances très différentes l'une de l'autre, bien que jointes ensemble dans cette vie. Il y aurait ainsi une sorte Je métaphysique innée à l'esprit humain : une lumière naturelle éclairerait, sur ces problèmes, tout homme venant au monde. Les missionnaires surtout, même les plus soucieux d'exactitude et les mieux pourvus d'esprit critique, s'attendent à retrouver chez les indigènes près de qui ils vivent, la distinction familière du corps et de l'âme. Il est rare — nous en verrons plus loin la raison, — qu'ils aient à avouer une déception. Quand ils ne constatent pas des notions nettes du corps et de l'âme, ils croient du moins en découvrir des traces, et comme des vestiges reconnaissables. Que de fois des témoignages, qu'eux seuls étaient ^n situation de recueillir, restent inutilisables, parce que leurs auteurs ont supposé d'avance, dans l'esprit des primitifs, ces concepts qui lui sont étrangers! Et quand on peut, à la rigueur, en faire état, qu'il est difficile d'en extraire le véritable contenu de la pensée des primitifs avec sa couleur propre et ses nuances!

En fait, ceux-ci se représentent-ils les individualités comme telles, d'une façon bien définie? Les personnes de leur groupe ou des groupes voisins leur apparaissent comn:e plus ou moins fortes, plus ou moins redoutables, plus eu moins durables, selon qu'elles possèdent plus ou moins de force mystique ou de mana. Celles qui en ont davantage, les chefs, les medicine-meriy les vieillards qui ont résisté à une longue suite d'années, sont des individualités nettement dessinées. Un jeune enfant, un adolescent non initié, une femme qui n'a pas encore eu d'enfants ne possèdent que peu de manay et leur individualité ne s'impose pas, tant s'en faut, avec la même vigueur que les précédentes. Bref,

le concept général de l'individu humain, tel qu'il existe dans notre esprit, reste dans l'ombre pour le primitif.

Nous rejoignons ainsi, par une autre voie, une des principales conclusions où les chapitres précédents ont abouti. A supposer que la mentalité primitive se représente l'individu comme tel, elle ne le fait que d'une façon toute relative. L'individu n'est appréhendé qu'à titre d'élément du groupe dont il fait partie, qui seul est une véritable unité. Selon la place plus ou moins importante qu'il occupe dans le groupe, cet élément a plus ou moins de relief dans la représentation.

Deux remarques préliminaires aideront peut-être quelque peu à dissiper l'obscurité inhérente au sujet.

1° Bien que les individus — humains ou autres — soient représentés d'un certain point de vue comme des véhicules de force mystique, des porteurs de mana^ quand le primitif veut expliquer leurs fonctions vitales ou mentales, il le fera toujours en les attribuant à des êtres spéciaux, logés en eux, et chargés de s'en acquitter. Par exemple, selon les Ba-ila, si nous entendons, c'est qu'il y a dans nos oreilles de petits êtres, appelés bapuka, qui sont préposés à l'ouïe. Quand on est assourdi par un bruit formidable, comme un coup de canon, c'est que les bapuka ont été étourdis par la violence de la détonation. Si un vieillard perd l'ouïe, c'est que ses bapuka ont disparu (1). Le processus de la génération s'explique de la même manière. Pour la mentalité primitive, toutes les fonctions de l'organisme, et en particulier les fonctions de relation, s'expliquent en réalité par des

(i) Smith and Dale. The ila-speaking peuples of northern Rhodesia, l, p. 224-226.

LUCIEN LEVY-BRUHL

actions de présence. Celles-ci n'ont d'ailleurs rien qui ressemble, même de loin, à la catalyse. Le primitif n'a pas l'idée d'un enchaînement plus ou moins compliqué de phénomènes qui se conditionnent. Il croit à la présence concrète et actuelle d'un ou de plusieurs petits êtres complets, à l'intérieur de l'individu, et cette représentation le dispense de prêter attention au mécanisme des faits.

De la même façon, chez les Koryak, les adultes rendent compte du phonographe, très simplement. « Un être vivant, capable d'imiter les hommes est assis dans la boîte. » lis l'appelaient « le vieux » (1). De même, pour la boussole, chez les Lenguas du Chaco. « Je leur expliquai que la petite aiguille bleue indiquait toujours le nord, en quelque endroit que je fusse. » Les Indiens restent incrédules. Un vieillard fait plusieurs expériences : à son extrême surprise, il constate que la petite aiguille marque toujours le nord. Une discussion animée s'engage entre les Indiens. Le vieillard finit par déclarer sa ferme conviction que, avant de quitter mon pays, j'avais capturé un petit diable (esprit) bleu, que je l'avais enfermé dans cette boîte, et qu'avec son doigt il indiquait constamment la route vers mon

pays (2). ))

Pareillement, dans la mesure où les primitifs distinguent les êtres animés des êtres inanimés, ils expliqueront la vie par la présence d'un organe ou d un être, et la mort par la destruction ou le départ définitif de cet organe ou de cet être. Ce n'est pas la cessation des fonctions (respiratoire, circulatoire, etc.), qui entraîne comme conséquence la fin de la vie. Au contraire, si les fonctions cessent, leur

(i) Jochelson. The Koryak, p. 427.

(2) W. B. Grubb. An unknown pcopîe in an unknown îand,

p. lOO-IOI.

arrêt est dû au départ de l'être dont la présence entretenait la vie, ou à son annihilation par une cause quelconque. C'est là une représentation qu'il ne faudra jamais perdre de vue, quand les observateurs nous parleront de 1' « âme » selon les primitifs.

2° L'opposition entre la matière et l'esprit, qui nous est si familière, au point de nous sembler presque naturelle, n'existe pas pour la mentalité primitive. Ou, du moins, celle-ci l'interprète autrement que nous. Pour elle, il n'y a pas de matière, ou de corps, d'où ne rayonne quelque force mystique, que nous appellerions spirituelle. Il n'y a pas non plus de réalité spirituelle qui ne soit un être complet, c'est-à-dire concret, avec la forme d'un corps, celui-ci fût-il invisible, impalpable, sans consistance ni épaisseur. Voici quelques témoignages pris entre beaucoup d'autres : « L'Africain ne croit pas qu'il existe aucun être sans âme, — il regarde la matière elle-même comme une forme d'âme, basse sans doute parce qu'inanimée, une chose dont d'autres formes d'esprit usent comme il leur plaît, bref, comme le vêtement de l'esprit qui s'en sert. Cette conception est, pour autant que je sache, constante dans le monde nègre comme dans le monde bantou (1). » Au Canada, (( les Ten'a ne conçoivent pas les esprits comme des substances réellement spirituelles ou immatérielles. Pour eux, les esprits ont une sorte de corps subtil, une sorte de fluide aérien, pour ainsi dire, capable de transformations infinies, se transportant d'un endroit à l'autre presque instantanément, se rendant visible ou invisible à volonté, pénétrant dans d'autres corps et passant au travers comme s'il n'y avait pas d'obstacle, bref, possédant les qualités propres

(i) M. Kingsley, West African Studies, p. 199.

aux esprits véritables. Mais la conception d'une vraie substance spirituelle dépasse l'intelligence ten'a (1). »

C'est à M. Eldson Best que nous devons, sur ce point, la formule la plus nette et la plus compréhensive. « Une confusion se produit dans notre esprit, à cause des termes indigènes qui désignent à la fois des représentations matérielles de qualités immatérielles, et des représentations immatérielles d'objets matériels. » Représentations, ajouteronsnous, extrêmement difficiles, sinon impossibles, à restituer pour des esprits façonnés comme les nôtres. Dès lors, quelle apparence y a-t-il que celles du corps, de l'âme et de leurs rapports soient, je ne dis pas semblables, mais seulement comparables, chez les primitifs et chez nous?

(JJAme primitive, p. 127-132, Alcan.)

ALFRED LOISY

(i) R. F. JuHus Jessé. On the superstitions of the Ten'a Indians. Anthropos, VI, 191 1, p. 97-

né en 1857

Toute l'œuvre d'Alfred Loisy tourne autour de la théorie du sacri fice. Qu'il s'agisse de l'Essai historique sur le Sacrifice ou de Mys~ tères païens et Mystère chrétien qui sont certainement avec l'Evangile et l'Eglise, et peut-être le Commentaire du Quatrième Evangile, la partie décisive de l'œuvre du Maître, c'est incontestablement l'étude du sacritice chrétien qui est avant tout en cause. Ce n'est pas en vain que M. Loisy propose de remplacer l'expression sacrifice par le terme d'action sacrée. L'objet de cette action est défini comme il suit : c'est « une action rituelle — la destruction d'un objet sensible, (loué de vie ou qui est censé contenir la vie — moyennant laquelle on a pensé influencer les forces invisibles, soit pour se dérober à leur atteinte lorsqu'on les a supposées nuisibles ou dangereuses, soit rilin de promouvoir leur œuvre, de leur procurer satisfaction et hommage, d'entrer en communication et même en communion avec elles ».

M. Loisy n'accepte ni la théorie proprement sociologique, ni la théorie animiste concernant la divinité. L'élément social, l'élément spirituel se combinent certainement dans le sacrifice tel qu'il l'entend. Mais pas plus que le sacrifice ne peut se réduire, même dans les cultes primitifs, à une simple offrande, il ne saurait sans disparaître devenir, même dans la religion la plus spiritualisée, un geste purement symbolique. Ce qui fait la spécificité de l'action sacrée parmi les autres actions humaines, c'est qu' « elle ne réalise pas immédiatement ou expérimentalement son objet; elle est censée l'opérer invisiblement par un simulacre; elle figure ce qu'elle voudrait accomplir et elle se persuade qu'elle l'accomplit en le figurant ». Toutefois ce caractère mystique est étroitement lié au caractère d'efficacité réelle du sacritice qui demeure donc bien une action d'un bout à l'autre de son développement. Qu'il s'agisse d'une très ancienne économie de rites, en rapport avec les saisons de l'année et l'agriculture, ou d'un culte national comme on en trouve dans chaque cité antique, ou encore d'une économie de salut universel, tel que le christianisme, « l'action du rite efficace subsiste jusqu'au terme de l'évolution, jusque dans le sacrement chrétien. Supprimez l'effl-

ALFRED LOISY

cacité du rite, ce qui vous reste peut être encore un symbole théologique, mais ce n'est plus un sacrement ».

On voit tout ce que la pensée de M. Loisy, tout en demeurant avant tout celle d'un historien, garde de son origine catholique. La vieille question de la présence réelle y retrouve toute son importance. Pour qu'il y ait véritablement action sacrée, il faut que le dieu soit considéré comme spirituellement mais réellement présent. De plus, toute l'œuvre de M. Loisy tend à montrer que l'action sacrée est l'essence même de la religion qui ne saurait s'en passer sans suicide. Pas d'action sacrée sans présence réelle, pas de religion sans action sacrée, nous voilà loin des à-peu-près conciliateurs de Renan ou des protestants libéraux.

Nous n'avons pas ici à traiter du modernisme en général ni même des opinions de M. Loisy concernant particulièrement l'avenir de la religion. Aussi bien c'est avant tout comme historien des religions que, du haut de la chaire de Renan au Collège de France, son érudition patiente et tenace, son argumentation sobre et serrée, enfin son bon sens génial, firent peu à peu passer au second plan le drame personnel d'Alfred Loisy pour laisser la sérénité et la hardiesse de sa pensée exercer leur influence féconde.

En dépit du caractère général que prend la vaste enquête historique entreprise depuis plus de quarante ans par M. Alfred Loisy, c'est encore autour des origines du Christianisme que son originalité et sa profondeur éclatent le mieux. Le plus profane ne saurait lire sans admiration et sans fruit les pages à la fois si pénétrantes et •si mesurées où l'on voit le Christianisme primitif encore enfermé dans le respect de la loi judaïque se transformer sous l'influence de l'esprit des mystères païens, à travers les enseignements paulinien et johannique. Quelle que soit l'opinion qu'on puisse avoir sur la personnalité même de Jésus, l'interprétation que fait M. Loisy de la pensée de saint Jean l'Evangéliste et surtout de celle de saint Paul jette sur l'évolution du Christianisme primitif une lumière incontestable. Mais cette interprétation est si séduisante que son intérêt dépasse celui même de la question traitée, si importante soit-elle. Il se pourrait que Les Mystères païens et le Mystère chrétien constituassent un essai psychologique plus important même que l'étude historique qu'il contient. La synthèse opérée par Paul et par Jean entre l'esprit juif et l'esprit hellénique ou oriental, synthèse presque entièrement inconsciente et dont seule une patiente érudition peut reconstituer quelques étapes décisives, ne saurait laisser indifférent aucun de ceux qui établissent un parallèle entre notre époque et celle de la fin de l'Empire.

Dionysos et Orphée, les Mystères d'Eleusis, Cybèle et Attis, Isis et Osiris et enfin Mithra avaient naturellement été étudiés depuis longtemps. Le Rameau d'Or de Frayer avait tout récemment encore permis d'examiner en détail les rites étranges, à la fois si anciens, parfois si, barbares dans leurs manifestations, mais en même temps si bizarrement modernes et individualistes dans leur Intention. Mais il était réservé à notre auteur de faire pour ainsi dire jaillir la voca-

tion chrétienne et surtout runlversalité du salut des rituels païens d'initiation.

L'Evangile de Jésus selon M. Loisy reste bien dans la tradition judaïque : l'idéal national Israélite peut s'exprimer par une révolte armée contre la puissance romaine telle que celle de Judas le Galiléen; il peut aussi, comme chez Jean-Baptiste, prendre un aspect mystique sous la forme de l'annonce du jugement de Dieu, mais c le chef de bande et le prophète ont un principe commun : l'unique souveraineté de Dieu sur son peuple et le privilège d'Israël ». Jésus appartient à la catégorie des prophètes et, s'il voit l'avenir sous l'aspect d'un règne divin, ce n'en est pas moins comme le jugement de Dieu sur son peuple; il vient, lui, le Messie, pour accomplir l'espé-V rance d'Israël, « une expérience qui ne concernait pas les Gentils et à laquelle les Gentils ne s'intéressaient pas ». De plus, le Christianisme de Jésus n'est pas une religion indépendante; les rites d'initiation, d'agrégation et de communion lui sont aussi étrangers que le caractère d'universalité qu'aura la religion nouvelle.

Même après la mort de Jésus, lorsque se furent institués la foi en la résurrection et le repas de communauté du Dimanche, nous sommes encore en présence d'une religion nationale. Au contraire, la conversion de Paul, due à une vision sur la route de Damas, va universaliser et transformer la conception chrétienne. Le Jésus qui inspire Paul n'a plus rien d'historique, c'est un Dieu sauveur qui fait miséricorde à qui bon lui semble, sans faire nulle diff"érence entre le Juif et le Grec. Les disciples selon saint Paul seront des Initiés désignés individuellement par Dieu sans distinction de nationalité. Individualité et universalité, voilà l'essence de ces économies de salut, caractéristiques du monde moderne. Le lien qui unira les tldèles, c'est-à-dire les initiés, ne sera plus un lien national, mais un lien mystique; il ne s'exprimera plus par un culte social et national concrétisant l'espérance terrestre d'un peuple, mais par une communion avec le Dieu qui distingue individuellement le fidèle de la foule des croj'ants pour le faire participer au salut spirituel. Les dieux des Mystères païens, tels qu'Isis, avaient bien pu échapper aux cadres nationaux et faire participer à leurs mystères les individus d'origines différentes, mais Isis ne niait pas sa similitude avec celle des autres divinités du paganisme. Au contraire, appuyé sur l'intolérant monothéisme juif, le Christianisme, dégagé lui aussi des cadres nationaux, aura sur Isis ou Mithra l'avantage de prétendre à l'exclusivité et à l'universalité. Le Christ sera un Dieu sauveur et soufl"rant, comme Isis ou Mithra, mais il sera le seul, comme Jahveh. Telle est cette synthèse entre des éléments contradictoires, si parfaitement fondus dans l'action et la foi qu'elle servit d'axe â un monde nouveau.

Toute pénétrante qu'elle soit, l'étude que M. Loisy fait de l'action sacrée n'en demeure pas moins essentiellement critique. Les conclusions qui se dégagent d'une partie de son œuvre mènent à une religion de l'humanité au delà et au-dessus de tous les rites. Mais son interprétation de l'histoire du Sacrifice n'en est que plus originale :

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