Psycho-physiologie des larmes
- Les larmes sont physiologiquement le résultat d'un réflexe sécrétoire qui a son centre dans la couche optique, ses conditions normales dans l'excitation du globe oculaire par l'air, et qui peut être exagéré par toute irritation mécanique de la surface de l'œil ou par excitation anormale des parties voisines.
Sous cette forme, les larmes n'ont encore rien à voir avec l'expression des émotions. Mais c'est un fait que des causes psychiques peuvent exagérer, au même titre que l'excitation de la muqueuse des fosses nasales ou de la muqueuse du pharynx, la sécrétion lacrymale, à laquelle on donne souvent alors le nom de pleurs.
De l'avis de tous, on peut ranger parmi ces causes la douleur physique, surtout chez les jeunes enfants et les femmes; on y peut ranger encore la douleur morale, le chagrin, et cette cause est si fréquente que, pour le sens commun, les larmes sont signes de chagrin comme le rire est signe de joie; souvent aussi, et au théâtre plus que dans la vie réelle, on pleure de pitié; on pleure également après une grande souffrance physique ou morale, au moment où l'on sort d'une émotion angoissante et longtemps contenue; on pleure encore de joie, on pleure d'émotion esthétique, en entendant de la musique ou en écoutant de beaux vers; on pleure aussi dans les violents accès de rire, et cela fait en somme bien des émotions assez disparates qui ont le
même caractère de s'exprimer par l'hypersécrétion des larmes.
Comment des causes si diverses agissent-elles sur la glande lacrymale?
Sur ce point capital nous n'avons que des explications hypothétiques; la plus connue est celle de Darwin. Il remarque d'abord que l'enfant ne pleure pas dès le premier jour de sa vie, mais seulement à la fin du second, du troisième et même du quatrième mois. Avant de sécréter des larmes, sous l'influence d'une douleur physique ou morale, d'une souffrance localisée ou d'une contrariété, les glandes lacrymales auraient donc besoin d'une certaine habitude acquise, et cette habitude s'acquiert, d'après Darwin, de la façon suivante : « L'enfant réclamant sa nourriture ou éprouvant une souffrance quelconque, a d'abord poussé des cris aigus comme les petits de la plupart des animaux, en partie pour appeler ses parents à son aide, en partie aussi parce que ces cris constituent, par eux-mêmes, un soulagement. Des cris prolongés ont amené inévitablement l'engorgement des vaisseaux sanguins de l'œil, engorgement qui a dû provoquer, d'abord d'une manière consciente et plus tard par le simple effet de l'habitude, la contraction des muscles qui entourent les yeux, pour protéger ces organes. En même temps, la pression spasmodique exercée sur la surface des yeux aussi bien que la distension des vaisseaux intra-oculaires a dû, sans éveiller pour cela aucune sensation consciente, mais par un simple effet d'action réflexe, impressionner les glandes lacrymales. »
A la longue, et par suite d'une longue association fonctionnelle avec les contractions des périoculaires, les larmes se produisent sous l'influence de la douleur physique ou morale, même quand ces contractions, refrénées par la
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volonté, ne se produisent plus, et nous versons des larmes de douleur.
Mettons d'abord un peu plus de précision dans la question de l'apparition des larmes chez le nouveau-né. Si l'enfant qui vient de naître ne pleure pas, c'est par suite d'une insuffisance dans le développement histologique des glandes lacrymales. Elles ont des canaux peu ramifiés, des tubuli sans lumière et ne peuvent fonctionner physiologiquement que vers l'âge de un mois et demi ou deux mois, comme l'avait déjà observé Aristote. Il ne s'agit encore là d'ailleurs que d'un réflexe organique; la sécrétion psychique n'apparaît guère que vers le cinquième ou le sixième mois. Le mécanisme invoqué par Darwin consisterait donc à greffer un réflexe d'origine psychique sur un réflexe organique.
Il y a, par ailleurs, chez Darwin beaucoup de finalisme et de physiologie constructive, et nous ne voudrions pas jurer notamment que les muscles péri-oculaires se contractent pour protéger les yeux; il suffit d'une action tonique du nerf facial pour contracter ces muscles, comme nous l'avons montré ailleurs, et ils se contractent de même chez l'enfant pour des raisons de pure mécanique, sous l'influence d'une excitation violente comme celle de la douleur.
Peut-on, avec ces réserves, tenir pour vraisemblable l'explication de Darwin? Pour établir que les contractions spasmodiques des péri-oculaires provoquent le réflexe sécrétoire des larmes en agissant sur la surface externe de l'œil, il fait remarquer qu'on rencontre ces contractions dans la toux, la nausée, le fou-rire, c'est-à-dire dans les états caractérisés par l'hypersécrétion des larmes; il invoque même des faits plus ou moins probants de physiologie animale, observés chez les espèces d'éléphants et de singes qui pleurent ou ne pleurent pas; mais il ajoute qu'ayant voulu
vérifier son hypothèse expérimentalement, il s'adressa de préférence à des enfants d'âge divers parce que les enfants ont les glandes lacrymales particulièrement excitables et que, leur ayant demandé de contracter longtemps et fortement leurs péri-oculaires, il n'observa jamais d'hypersécrétion lacrymale. C'est évidemment la raison pourquoi il fait concurremment appel à l'action exercée par la distension des vaisseaux oculaires sur les glandes lacrymales. On voit combien tout cela est constructif et arbitraire.
Darwin paraît cependant avoir entrevu ici ce que Pawlow appellera plus tard un réflexe conditionnel, puisqu'il parle d'une sécrétion lacrymale provoquée d'abord par des contractions des péri-oculaires associées à la douleur et agissant comme excitants naturels, et provoquée ensuite par la seule douleur physique ou morale agissant, dans l'espèce, comme excitant conditionnel.
La grande différence c'est que Darwin postule un réflexe conditionnel qui se formerait dans l'enfance par association et persisterait toute la vie, sans avoir besoin d'être rafraîchi par des associations nouvelles, puisque les larmes coulent chez des hommes qui, depuis de longues années, n'ont pas contracté leurs péri-oculaires sous l'influence de la douleur; or la persistance, ou, si l'on préfère, l'acquisition définitive d'un réflexe qui ne serait jamais rafraîchi, est tout à fait en contradiction avec les expériences de Pawlow.
Wundt attache beaucoup moins d'importance que Darwin aux contractions des péri-oculaires. Il attribue aux larmes de la douleur physique et morale une action de dérivation, de résolution, de défense qui n'est pas sans analogie avec leur fonction physiologique, mais il est très embarrassé pour expliquer la localisation de ce processus de dérivation dans les glandes lacrymales. Il fait remarquer que, dans l'effusion
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physiologique des larmes, l'œil s'affranchit, par voie réflexe, des corps étrangers qui le gênent, et il suppose que les larmes de la douleur peuvent être engendrées par des représentations visuelles pleines de tristesse avant de devenir la manifestation ordinaire de la douleur. — On reconnaît sans peine ici l'application de son principe de l'association des mouvements avec les représentations sensorielles, et nous n'avons pas besoin d'insister sur le caractère hypothétique et fantaisiste de l'application qu'il en fait. Nous devons signaler en outre que ni lui, ni Darwin (1) n'ont guère considéré que les larmes de la souffrance et que, leurs explications fussent-elles exactes, elles seraient encore beaucoup trop particulières. Ils ont, l'un et l'autre, simplifié le problème sans le résoudre.
En dehors de ces fragiles hypothèses, ce qu'il y a de certain dans l'émission des larmes de douleur et ce que les psychologues négligent parfois de signaler, c'est que ces larmes sont un phénomène d'excitation et qu'elles coïncident avec l'accélération du cœur, l'élévation légère de la pression sanguine, la vaso-dilatation périphérique et l'accélération respiratoire; elles ne traduisent pas la tristesse qui se résigne et qui s'abandonne mais la souffrance qui se débat. Entre les manifestations de la tristesse qui se résigne passivement et les manifestations violentes de la colère, il y a place, en effet, pour les manifestations intermédiaires de la souffrance qui se révolte, tout en sachant que la révolte est inutile, et ce sont alors des lamentations, des plaintes, des mains qui se tordent ou se heurtent, un cœur qui bat plus vite et plus fort, tout ce que nous avons décrit ailleurs comme manifestations de la tristesse active. Les larmes
(i) Darwin consacre 33 pages aux larmes de la souffrance et 2 pages aux larmes du rire.
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sont une manifestation de la tristesse qui se révolte. Cest pour n'avoir pas fait cette distinction que Lange, après avoir défini la tristesse par le ralentissement circulatoire, l'anémie périphérique et la dépression, a été tellement embarrassé par les larmes, et c'est pour l'avoir faite au contraire que W. James a pu dire qu'il y a une excitation dans l'accès de larmes et que cette excitation comporte un plaisir cuisant qui lui est particulier. « Il y a des hommes, ajoute W. James, qui ne peuvent jamais pleurer; mais, chez tous ceux qui peuvent pleurer, les phases larmoyantes alternent avec les phases sèches; les tempêtes des sanglots succèdent aux périodes de calme, et les rides, le froid, la pâleur, tous les phénomènes de cet ordre que Lange décrit si bien, sont plus caractéristiques d'une tristesse sévère et calme que d'une peine morale aiguë. A proprement parler, nous avons ici deux émotions distinctes, provoquées toutes les deux par le même objet, c'est vrai, mais affectant différentes personnes ou les mêmes personnes à des moments différents et différemment senties, comme peut en témoigner le sentiment intime de chacun. »
Les larmes de la souffrance, que répand l'enfant et que beaucoup d'adultes peuvent répandre dans une crise de douleur morale, sont donc originellement des réactions sécrétoires, analogues aux autres réactions centrifuges, et elles jouent, comme elles, vis-à-vis de l'excitation un rôle de décharge. Voilà pourquoi on entend dire souvent que pleurer soulage et de fait, comme le remarque Darwin lui-même, « le soulagement éprouvé sera grand, exactement pour la même raison qui fait que les contorsions du corps, le grincement des dents et l'émission des cris perçants diminuent l'intensité d'une douleur physique ».
Il est à remarquer, d'autre part, que le jeune enfant qui
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répand des larmes dans certaines émotions pénibles, en répand également dans la colère. C'est une observation que nous avons faite plusieurs fois pendant les colères d'une petite fille, lorsqu'elle avait entre dix-huit mois et deux ans.
Il y a ainsi, au début, dans les états de douleur et de colère une association des réactions sécrétoires et des réactions motrices; dans cette période primitive, il ne semble pas que les deux ordres de réactions centrifuges aient reçu, dans la traduction des excitations de douleur et de colère, une affectation bien différente.
Mais, pour des raisons sociales et physiologiques, des différenciations s'établissent de bonne heure qui ont toutes pour résultat de spécialiser davantage les réactions sécrétoires et les réactions motrices.
Quand les émotions douloureuses de l'adulte sont particulièrement intenses et se traduisent par des manifestations motrices variées et dramatiques, par des paroles ou par des gestes, elles ne se traduisent guère par des larmes; les mélancoliques d'asile ne pleurent pas quand ils font de la grande agitation; le désespoir ne pleure pas. Tout se passe comme si l'excitation motrice inhibait la réaction sécrétoire.
Ce n'est pas d'ailleurs le cas le plus fréquent. Sous l'influence de la collectivité, qui tient les manifestations de la souffrance comme un signe de faiblesse et de lâcheté, surtout quand la souffrance est moyenne, les adolescents et les adultes s'entraînent de leur mieux à en refréner les manifestations, et ils acquièrent assez vite l'habitude de dominer complètement leurs réactions motrices dans la majorité des cas ; mais il est beaucoup plus facile de refréner l'expression musculaire des pleurs que de refréner les larmes elles-mêmes; aussi, lorsque les progrès de l'éduca-
tion ont supprimé la mimique des pleurs, les larmes de. l'émotion peuvent encore humecter les yeux ou couler des paupières immobiles. Dans ce cas, lorsqu'une émotion triste se produit, c'est sur les glandes lacrymales qu'elle se dérive, pour peu qu'elle soit marquée, et comme la sécrétion lacrymale présente une grande variété de degrés, comme elle va, par des transitions multiples, des yeux légèrement brouillés aux yeux humides, aux yeux mouillés, aux yeux noyés, aux yeux qui pleurent, elle constitue, chez les adultes qui peuvent pleurer, une réaction émotive très nuancée.
Les choses se passent différemment pour la colère : les réactions motrices y sont plus adaptées que les réactions de douleur parce qu'elles tendent naturellement vers l'agression, plus acceptées aussi, socialement, parce qu'elles paraissent être un signe de force et de courage, plus violentes enfin de par leur nature. Pour toutes ces raisons, l'adolescent ou l'adulte ne s'entraînent pas à les refréner. Ils y cèdent au contraire, souvent avec une certaine griserie, et ils dépensent leur excitation en gestes, en paroles, en actes de destruction et de violence. Or, il résulte de cette prédominance des réactions musculaires que la réaction sécrétoire inhibée ne se produit plus. Ce n'est que dans les colères qui ne peuvent se traduire par des réactions motrices et des actes qu'on verse des larmes de rage et d'impuissance.
On peut expliquer, par les mêmes principes, les larmes des accès de rire. Il y a encore ici deux expressions associées qui traduisent l'une et l'autre, sous forme réflexe, l'excitation des couches optiques; mais, en général, la réaction sécrétoire ne survient qu'à la fin de l'accès et paraît jouer alors un rôle de résolution; c'est seulement dans les accès de rire dont on veut refréner l'expression motrice qu'on peut voir, dès le début de l'accès, les larmes couler.
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On entrevoit donc une loi qui est, en même temps, une loi de dérivation et une loi d'antagonisme et qui permettrait d attribuer aux larmes un rôle de résolution et de dérivation par rapport à certaines excitations, en même temps que d antagonisme relatif par rapport aux réactions musculaires Et, de fait, toutes les fois que les larmes apparaissent à la suite d une émotion agréable ou pénible, on peut y discerner 1 un ou l'autre de ces caractères.
Le phénomène de dérivation et de substitution est particulièrement visible dans les larmes qui suivent les grandes douleurs physiques ou morales, dont nous avons contenu 1 expression naturelle; les larmes peuvent alors être cornparées à de brusques détentes et elles coulent intarissablement.
Au théâtre, à la lecture d'un roman, au récit d'une infortune, quand nous pleurons de pitié, c'est parce qu'il est impossible ou inutile de traduire par des gestes ou des actes 1 émotion qui nous saisit devant le malheur irréel ou lointain qu'on nous présente, et il est curieux que, dans la vie réelle, où la sympathie peut s'exprimer par des paroles des expressions et des gestes adaptés, on pleure beaucoup ^lus rarement de pitié". On pleure de joie quand on retrouve un ami perdu ou quand on atteint un bonheur longtemps désiré parce qu'après la douleur ou l'attente, la joie apporte une détente, et peut-être aussi parce que, devant des joies profondes et graves, toute réaction motrice ou verbale est sentie comme insuffisante et banale; on pleure peut-être pour la même raison dans l'émotion esthétique, en entendant de beaux vers.
Avons-nous besoin d'ajouter que ces dérivations diverses qui consistent dans un phénomène de mécanique, ne sont pas seulement le fait de notre volonté ou de notre appré-
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ciation actuelle; c'est dire que l'expérience passée, l'habitude, l'éducation affective, tiennent une large place dans les larmes de pitié, d'émotion esthétique et de joie.
11 n'est pas jusqu'à certains faits de psychologie animale que nous ne puissions invoquer, tout en faisant les réserves qui s'imposent toujours quand les faits sortent de 1 ordinaire et sont difficilement vérifiables. Si l'on en croit Tennent les éléphants de certaines espèces indiennes pleurent quand ils sont prisonniers.
Darwin (180) raconte, d'après cet auteur, qu'ils restent immobiles, accroupis au sol, sans manifester leur souffrance autrement que par des larmes qui baignent leur visage et coulent sans cesse. Parlant d'un autre éléphant, d'après le même auteur, Darwin ajoute : a Lorsqu'il fut vaincu et attaché, sa douleur fut extrême; la violence fit place à une complète prostration et il tomba par terre, poussant des cris étouffés et la face baignée de larmes. » Ici encore les larmes sont la réaction sécrétoire qui se substitue à la réaction motrice qui ne se produit plus.
L'opposition relative que nous voyons s'établir ici entre la réaction lacrymale et la réaction motrice se manifeste d'ailleurs pour d'autres sécrétions et d'autres mouvements. « L'aspect du pain sec, écrit Pawlow (108), vers lequel le chien se tourne à peine, tandis que la viande, sur laquelle il se jette avidement, à l'aspect de laquelle il essaie de se libérer de son attache, pour laquelle il grince des dents, ne provoque, à distance, aucune activité des glandes salivaires. Dans cette expérience, nous trouvons ainsi une manifestationde ce que nous considérons, dans la vie de l'esprit, comme un désir, mais ce désir se manifeste uniquement par des mouvements et pas du tout par l'activité des glandes salivaires. » Il semble bien que nous soyons en présence
d'une loi générale d'antagonisme et de substitution. (V. Traité, I, 455.)
Ce qui reste toujours mystérieux, c'est la raison pourquoi la dérivation s'est faite sur les glandes lacrymales au lieu de se faire sur d'autres glandes. Les explications de Wundt sont de pure fantaisie; celles de Darwin sont peutêtre un peu plus vraisemblables mais encore trop chargées d'hypothèses, et c'est notre ignorance sur ce point spécial qui permettait au physiologiste Landois d'écrire, il y a plus de trente ans : « La cause du flux abondant des larmes dans les émotions morales n'est pas connue. »
Il ne faudrait pas cependant nous exagérer notre ignorance. L'insuffisance des données de la physiologie cérébrale au temps où Wundt a conçu sa théorie des larmes excuse, dans une certaine mesure, le caractère métaphorique de ses explications, et la même insuffisance justifie, à plus forte raison, les essais d'explication périphérique que Darwin a si consciencieusement tentés dix ans plus tôt; mais, depuis les travaux de Bechterew, de Brissaud (A, I,' 446) et de leurs successeurs sur les couches optiques ainsi que sur le rire et le pleurer spasmodiques, on connaît mieux les fonctions des couches optiques et leurs relations fonctionnelles avec l'écorce. On sait que les couches optiques, ou plutôt la région opto-striée, sont le siège des centres réflexes de la mimique émotionnelle, que ces centres reçoivent de l'écorce des excitations d'ordre moteur et qu'ils en éprouvent aussi une influence inhibitrice constante. On sait également que, dans la même région, se trouve le centre réflexe des larmes et qu'en excitant la commissure grise du thalamus, on provoque la sécrétion lacrymale. Peutêtre tous les phénomènes d'association, de dérivation, d'antagonisme s'expliquent-ils par ce fait de mécanique céré-
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brale qu'une excitation des centres opto-striés de l'expression peut s'associer primitivement et normalement à l'excitation des centres sécrétoires ou bien encore, quand elle est trop forte, inhiber l'action de ces centres, ou bien enfin se dériver sur eux quand elle ne peut suivre sa voie ordinaire de décharge.