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EVOLUTION DE LA SCIENCE

Je voudrais vous rappeler quelques-unes des étapes jusqu'ici parcourues dans cette formation vivante de l'esprit au contact d'un monde tout d'abord étranger, impénétrable et hostile, dans cette apparition chez les êtres vivants d'intelligences primitivement débiles puis, grâce à la confrontation constante avec les faits, de mieux en mieux armées pour construire une représentation adéquate et précise. Par une série jamais achevée d'actions et de réactions de la pensée sur le monde et de l'expérience sur notre raison, par un perfectionnement incessant de nos moyens d'investigation matériels et intellectuels, par une précision de plus en plus grande des questions posées par nous à la nature et par un remaniement constant des conceptions anciennes pour tenir compte des réponses obtenues, notre esprit s'adapte, ses notions les plus fondamentales se transforment de manière à refléter, dans la monade vivante et active que représente chacun de nous, une image de plus en plus parfaite de l'Univers.

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Nous retrouverons, au cours de chaque étape, un même processus caractéristique des démarches de l'esprit pour obtenir une approximation toujours plus haute de la vérité. C'est, par une sorte de mouvement rampant qui s'appuie sur le terrain déjà conquis pour s'avancer vers le nouveau, un passage constant dû comme vers l'inconnu, une tendance légitime et inévitable à généraliser, à étendre vers de nouveaux domaines les modes de représentation ou d'action qui ont réussi dans le passé, à poursuivre aussi loin qu'il se peut l'emploi des formes de pensée héritées de nos ancêtres et sanctionnées par l'usage ancien. Chaque fois une étape nouvelle commence lorsque la représentation mentale ainsi prolongée cesse d'être conforme à la réalité. Un remaniement des notions admises, un retour de l'esprit sur luimême deviennent nécessaires, une crise de croissance apparaît, plus ou moins douloureuse et plus ou moins profonde suivant l'importance des modifications et la nouveauté des initiatives à trouver et aussi bien souvent, suivant la puissance des intérêts matériels ou moraux liés au maintien des conceptions périmées.

La crise passée, une nouvelle étape commence, au cours de laquelle s'opère un réarrangement des valeurs à la lumière des idées nouvelles; ce qu'on croyait connu apparaît plus complexe, ce qui passait pour simple parce que familier et qu'on utilisait comme base d'explication doit être expliqué à son tour au moyen de notions plus abstraites et plus générales, jusqu'à ce que celles-ci, utilisées dans un domaine plus large et confrontées avec l'expérience dans des conditions dont elles ont contribué elles-mêmes à augmenter la précision, se montrent insuffisantes à leur tour et qu'un nouveau conflit s'élève entre l'avenir et le passé, entre l'instinct profond qui pousse notre espèce vers des formes

PAUL LANGEVIN

de vie de plus en plus riches et de plus en plus complexes et la tendance, également instinctive, à maintenir les formes anciennes, à reculer devant l'effet douloureux nécessaire au changement. Ainsi de balbutiement en balbutiement, d'étape en étape et de crise en crise, s'édifie, dans des esprits de plus en plus adultes, une représentation de plus en plus adéquate et précise du monde, pour la joie de comprendre issue du besoin d'agir.

Nous remarquerons que chacune des étapes, commencée par une découverte, continuée par des générations de plus en plus larges et de moins en moins légitimes ou efficaces aboutit progressivement à la création d'une mystique, à l'illusion que les moyens nouveaux de compréhension et d'action ont une valeur absolue et définitive, que ces moyens sont utilisables dans d'autres domaines que ceux où l'expérience a provoqué leur découverte puis justifié leur emploi. L'idée primitivement jeune et féconde vieillit, accuse la sclérose et l'entêtement sénile et s'éteint plus ou moins doucement en laissant la place à celles qui la prolongent et dont elle-même a provoqué la naissance.

Parmi les découvertes les plus importantes et les plus anciennes figurent celles de la parole et de l'image, de la possibilité de communication avec les autres hommes et de la puissance d'action sur eux qu'elles donnent à chacun de nous. L'exploitation et la sublimation, en quelque sorte, de ces découvertes ont donné naissance à la littérature et aux arts plastiques, domaines légitimes d'application de ces moyens nouveaux d'expression et d'action. Mais par une généralisation, naturelle dans l'anciennç représentation anthropomorphique du monde et que l'expérience a montré illégitime, on a cru pouvoir, par l'incantation ou l'envoûtement par exemple, appliquer ces moyens d'action aux

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volontés occultes pour les dominer, ou pour les fléchir, ou pour agir à distance sur les hommes ou sur les animaux. Ainsi la magie, selon la belle conception de James Frazer et de Lévy-Brûhl, nous apparaît comme forme primitive d'une science, comme première tentative de représentation et comme première technique d'action, mais aussi comme premier exemple d'illusion mystique, d'extension et de généralisation illégitime de découvertes aussi importantes que celles de l'existence de volontés analogues à celle de chacun de nous et de la possibilité de communiquer avec elles et d'agir sur elles par le geste, la parole ou l'image. Premier exemple aussi de la persistance d'illusions de ce genre lorsque, comme il est également constant, des individus ou des groupes humains exploitent ces illusions comme moyens de puissance ou de domination.

L'apparition de notions abstraites comme celle de nombre et la découverte de la puissance des combinaisons arithmétiques comme moyen de prévision sont à l'origine des mathématiques qui constituent leur domaine légitime d'extension et de généralisation. Mais il était normal qu'apparaisse également l'illusion, représentée par la kabbale juive ou par la doctrine pythagoricienne, que le nombre constitue la clé du monde comme moyen de représentation ou d'action et que tout se ramène à des questions de nombre.

De même l'astronomie primitive des Chaldéens se trouve à l'origine des sciences d'observation ; elle a permis de prédire l'avenir des astres, de prévoir leurs positions relatives et leurs éclipses grâce à la connaissance de leur passé. L'impression profonde qu'a dû donner à la raison naissante capable en apparence de commander aux astres a donné naissance à la mystique de l'astrologie, à l'illusion que l'observation des astres pouvait aussi permettre de prévoir l'ave-

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nir des hommes ou des nations, sinon de commander à leurs destinées. Cette extension illégitime et tenace a subsisté pendant de longs siècles et réapparaît encore quelquefois de nos jours.

Puis est apparu le miracle grec caractérisé surtout par la découverte et par la conquête définitive de la puissance de raisonnement déductif, aboutissant tout d'abord, à la constitution d'une logique et d'une géométrie pure où, à partir d'axiomes et de postulats d'apparente évidence, tellement évidents en apparence que la plupart d'entre eux, comme l'ont montré les travaux récents, ne sont pas énoncés de manière explicite, la déduction permettait de tirer des conséquences singulièrement lointaines et surprenantes.

L'esprit grisé par cette puissance nouvellement acquise, a cru possible d'en étendre indéfiniment l'emploi et de reconstruire le monde par la seule puissance du raisonnement, sans avoir davantage recours à l'expérience. Ici encore apparaît la tendance naturelle, inévitable, à généraliser des résultats acquis, à essayer dans de nouveaux domaines l'application de ce qui a réussi. La scolastîque au moyen âge, l'emploi récent encore par Hegel du moulin dialectique fonctionnant à vide représentent des formes illégitimes d'emploi du raisonnement déductif.

La crise s'est produite lorsque la Renaissance est venue réagir contre cet abus en montrant la nécessité de chercher dans l'expérience et dans la confrontation des prévisions avec les faits, le contenu imprévisible des axiomes et des hypothèses nécessaires à la construction d'une théorie valide.

Le premier grand succès dans cette direction fut celui de la Mécanique céleste issue des travaux de Copernic, de Tycho-Brahé, de Kepler, de Galilée et de Newton, heureux mélange d'observation et de réflexion, de prévision théorique

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st de contrôle expérimental. La connaissance d'une loi générale d'action entre les astres en était le résultat, sini^ulièrement séduisant et simple. Le développement de la science pendant tout le xviii' et pendant une partie du xW siècle est dominé et déterminé par ce succès de la mécanique céleste. Il en résulte la constitution d'une mécanique dite rationnelle considérée comme science d'une pureté supérieure à celle des autres sciences expérimentales, fondée sur des notions intangibles quoique obscures et à partir de laquelle on a pu espérer construire toute la physique. L'illusion mécaniste, issue de cette mystique tendant à placer hors de discussion, et à considérer comme applicables à la physique entière des notions et des procédés utilisés avec succès dans un premier domaine, s'est même étendue à la biologie dans l'enthousiasme facile à comprendre des philosophes du xviii® siècle. Il a fallu pour nous détromper, les insuccès du mécanisme en optique et en électricité, il a fallu l'œuvre de Faraday, de Maxwell, de Hertz, de Lorentz, d'Einstein pour montrer que les conceptions de la mécanique ancienne, classique, ne permettaient qu'une première approximation, que la physique et particulièrement la mécanique des grandes vitesses exigeaient l'abandon, non seulement des notions de masse absolue et de force introduites par Newton, mais encore un remaniement des notions plus anciennes et plus profondes de l'espace et du temps telles qu'Euclide et Galilée nous les avaient transmises, notions qu'une illusion tenace fait encore quelquefois considérer comme intangibles et comme représentant des conditions nécessaires de toute

pensée.

La svnthèse relatîvîste est issue de la crise récente oui a maraué la fin de l'étape mécaniste, étape remarauable et importante, riche d'acquisitions nouvelles, incorporées sous

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une autre forme aux idées actuelles. Et, déjà s'annoncent d'autres transformations. Le problème que pose la lumière, problème décevant qu'on a cru résolu à diverses reprises avec la théorie de l'émission de Newton, avec les ondulations de Fresnel, avec la théorie électro-magnétique de Maxwell et de Lorentz et que l'expérience oblige à reprendre chaque fois, nous place aujourd'hui devant des difficultés nouvelles, celles des quanta, qui rapprochent étrangement la structure de la lumière de celle de la matière et qui exigeront de nous, de notre raison infirme encore des sacrifices et des renouvellements plus douloureux peut-être que ceux de la dernière crise, celle de la relativité. Ainsi se réalisera, dans des conditions que nous commençons à pressentir, une adaptation nouvelle et difficile de notre esprit à la réalité.

La remarque s'impose ici que chacune des étapes franchies par nos ancêtres sur le dur chemin de cette adaptation ne s'achève pas sans laisser, soit au fond de chacun de nous, soit dans les groupes humains actuels les plus voisins des sociétés primitives, des prolongements et des traces profondes. Nous sommes obligés constamment de nous défendre contre des tendances ou des impulsions de forme superstitieuse, écho des vieilles mystiques de la magie et de la kabbale, contre l'illusion que l'avenir peut se prévoir par des méthodes analogues à celles de l'astrologie ou contre l'abus du raisonnement déductif. Il faut un effort pour préserver des fumées d'un passé encore très voisin et maintenir claire en nous la flamme vacillante d'une pensée qui se crée et grandit chaque jour.

L'évolution qui vient d'être esquissée à grands traits prend une grande importance collective et sociale si l'on réfléchit que chacun des progrès de la pensée scientifique, ou plus exactement de la pensée tout court, eut une réper-

cussion profonde sur l'organisation de nos sociétés humaines. On sait que la magie et ses rites pratiqués aujourd'hui encore par des tribus nombreuses, furent à l'origine de toutes les constructions politiques. L'astrologie a joué aussi, et joue encore dans certains coins du monde, un rôle essentiel dans le gouvernement des Etats, et ce serait une illusion de croire que les méthodes exagérément déductives et scolastiques ont cessé d'avoir une influence profonde sur les décisions des hommes.

Il est incontestable également que la confiance dans la raison préconisée par Descartes et confirmée de manière éclatante par le triomphe de Newton a créé tout le mouvement philosophique du xviii* siècle et contribué de la manière la plus efficace, en soumettant au libre examen les principes de l'organisation sociale, à préparer le grand effort d'affranchissement que représente notre Révolution de la fin de ce même siècle.

Enfin qu'il me soit permis de souligner le parallélisme entre l'affirmation relativiste de l'égale légitimité de tous les points de vue d'observateurs différents, de tous les systèmes de référence, les lois de l'Univers étant les mêmes pour tous, et l'affirmation démocratique de l'éminente dignité de la personne humaine, du droit égal de tous devant les lois sociales.

Ainsi, par les habitudes mentales qu'elle crée et par les attitudes qu'elle impose à l'esprit devant la réalité, la Science peut servir les hommes ailleurs que dans son propre domaine et préparer, non seulement leur affranchissement économique et matériel par ses applications immédiates, mais encore leur affranchissement intellectuel et moral.

Cette signification collective de la Science, ajoutée au fait qu'elle représente un instrument puissant de rappro-

PAUL LANGEVIN

chement entre les hommes en construisant une vérité sur laquelle tous puissent être d'accord, en leur proposant un but commun de réflexion et d'action, en établissant entre eux par la complexité croissante de ses applications une solidarité de plus en plus étroite, rend particulièrement utiles des groupements comme le nôtre pour rassembler toutes les bonnes volontés, pour protéger l'idéal scientifique dans une période troublée comme celle que nous traversons, pour accélérer dans la mesure de nos forces, la marche, la progression lente et pénible de l'esprit acharné depuis tant de siècles à la pénétration du grand mystère qui nous entoure et soutenu par l'espoir d'être un jour la conscience du monde.

(Association française pour l'avènement des sciences, Congrès de Constantine, 1927, p. 24-29.)

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JOSEPH BARUZI

né en 1876

Publiée en 1911, La Volonté de métamorphose est un livre qui dut paraître, à sa date, étrange et peut-être incompréiienslble. Imprégné de bergsonisme, 11 le débordait de toutes parts. Le sensualisme mystique qu'il contient annonce à la fois Proust et Freud (à peu près inconnu à ce moment), mais c'est seulement maintenant qu'il commence à porter tous ses fruits.

Ecrit comme un essai, dans un style beaucoup plus littéraire que philosophique, l'ouvrage trouve son unité dans une condamnation à peu près absolue de l'abstraction au point de vue métaphysique. D'une manière infiniment plus radicale que Nietzsche lui-même. Novalis, Blake et plusieurs autres grands esprits avaient prétendu le faire, ces quelques pages opèrent un complet renversement des valeurs. Qui fera l'histoire de l'anti-idéalisme contemporain, ne pourrait mieux partir que de ce livre. Le premier chapitre, intitulé La décadence des songes, pose les principes : « Nul concept ne nous appartient réellement et n'amplifie notre richesse intime, s'il ne s'est ébauché d'abord dans notre vie sensorielle et si avant de s'abstraire en nous il ne s'est épandu et préformé à travers la nature. » Le rêve, qui n'est sans doute que « la première phase de l'idée générale », ne saurait sn dessécher sans risque pour l'existence même de notre vie personnelle. « Avant tout, ce qui caractérise chacun, ce sont ses pensées inutiles », d'où la très curieuse accusation portée par l'auteur contre le travail en général, qui comporte nécessairement une abstraction de l'être à la vie du rêve, et l'éloge du loisir qui fait pendant k cette accusation. Cette notion du rêve conduit à une première indication concernant la volonté de métamorphose : « Notre puissance psychique dépend de l'inachevé que nous portons en nous. » Et dès ce chapitre s'amorce une seconde proposition qu'on retrouvera tout au long du deuxième développement : « La passion et la forme. » Parmi les replis et peut-être les hésitations d'une pensée sinsçulièrement complexe et fluide quoique chargée de substance, le problème des rapports de l'esprit et du corps est posé à propos de la sensualité en termes plus profonds que les professionnels de l'histoire de la

philosophie ne nous avaient habitués à le faire. Déjà chez un Bergson, puis chez un Blohdel ou un Gabriel Marcel, on retrouvera cette réfutation du parallélisme psycho-physiologique. Mais nulle part cette réfutation ne conduira à une refonte de l'individualité.

Nous abordons Ici le fond même de la question : les rapports de l'esprit et du corps ne sont qu'un aspect de ceux de l'Individu avec le monde. Le dernier chapitre traite de la présence de l'univers en nous, présence qui assure à la fois nos chances de mort et celles d'immortalité. En effet, tandis que la volonté de métamorphose donne à l'individualité sa réalité concrète, sa singularité absolue, elle nous assujétit au temps destructeur par lequel notre corps est à la fois sculpté et meurtri. Mais chez certains hommes exceptionnels, « l'audelà de l'organisme et de la pensée révèle l'individualité Irréductible » en même temps qu'il confirme la présence de l'univers. Cet au-delà quoique enfoui existe pour chacun de nous, au plus intime repli duquel l'élément plastique se définit ainsi comme une volonté de métamorphose, seul secours possible, mais peut-être victorieux, contre la ruine toujours menaçante.

Dans cette œuvre aussi brève que riche, l'expression un peu floue à force d'être métaphorique masque assez souvent l'audace d'une pensée qui se cherche sur un terrain presque entièrement fermé jusqu'ici aux investigations de l'esprit occidental. En dépit de son titre, elle demeure aboulique et repliée sur soi comme si la lumière et la discussion risquaient, par leur essence même, de la trahir. Telle qu'elle est, nous la rencontrons précisément à la croisée de nos chemins.

Né à Paris en 1876, études au Lycée Janson-de-Sailly, puis à la Sorbonne. Considère comme ayant eu une grande importance pour lui ses nombreux voyages à pied, notamment en Italie et en Allemagne.

Bibliographie. — Livres : Le Rêve d'un Siècle (chez Calmann-Lévy, 1904 (Etudes sur Hugo et sur Wagner, précédées d'une préface « Les régions de mythe et de rêve »). — La Volonté de Métamorphose (chez Grasset, 1911) (3 chapitres : La Décadence des Songes; La Passion et la Forme; La Présence de l'Univers).

Traduction précédée d'une préface : Voyages dans le temps, de Vlncenzo CardarellI (Pion, collection des Feux Croisés, 1928).

Divers articles et études dans des revues, notamment dans le numéro de la Revue Hebdomadaire consacré à Pascal une étude sur « Pascal et la Vanité de la Peinture », et dans le numéro du Journal de Psychologie consacré à l'Esthétique (1926), une étude sur « Pensée Musicale et Graphisme >.

JOSEPH BARUZI

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