‹ Anthologie des poetes canadiensChapitre 102 sur 241 · PARTHÉNON · texte numérisé non relu

PARTHÉNON

membres de la première École littéraire, dont il fit partie aux environs de 1898. Il figure parmi les collaborateurs des Soirées du Château de Ramezay, publiées en 1900. Son apparition dans les lettres fut brève, cependant; à partir de 1900 il fut presque oublié. Il avait lu Leconte de Liste, Hérédia, Rollinat, Baudelaire, mais à cette époque il n'y avait pas de bibliothèques publiques à Montréal, et quant à s'acheter des livres, il n'en eut jamais les moyens. On affirme que ce marteleur de sonnets métalliques était incapable d'écrire trois lignes en prose. M. Olivar Asselin raconte à ce sujet qu'étant directeur du reportage au Journal, en 1900, il fit rechercher, pour lui offrir un emploi, Bussières dont il avait remarqué le nom dans les Soirées du Château de Ramezay. Après plusieurs jours de recherches on finit par trouver le poète: il avait repris le métier de peintre en bâtiments et vivait en bohème, dans une pauvreté voisine de la misère. Mais le séjour de Bussières au Journal fut éphémère : malgré son vif désir d 'encourager le talent, Asselin ne put garder un collaborateur qui ne savait pas faire accorder l'adjectif avec le nom ni le verbe avec le sujet.

Bussières avait collaboré au Passe-Temps, à la Revue populaire, aux Débats, à /'Avenir, dans la note parnassienne et généralement exotique. Sa mort, survenue en mai 1913, à Montréal, passa inaperçue. Par les soins de l'intelligent bibliophile Casimir Hébert, sa mémoire, heureusement, revit.

(.(Relisez les uns après les autres ces sonnets d'où est absente toute véritable pensée profonde. Ils évoquent des visions extérieures, simplement, comme si les mots se suffisaient par eux-mêmes, et vous vous rendez compte de ce que les disciples de Hérédia ont pu tirer d'un art où la forme domine en souveraine dans toute la splendeur de sa mystérieuse attirance)). (Jean Charbonneau, préface des Bengalis)

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