‹ Anthologie des poetes canadiensChapitre 110 sur 241 · LES PAUVRES · texte numérisé non relu

LES PAUVRES

Ils ne protestent pas, ces tristes chiens battus.

On dit : la pauvreté fait fleurir les vertus.

Et comme ils sont naïfs et bons, ils se résignent.

Ils portent les fardeaux les plus vils, les plus lou rds.

On dit: la pauvreté doit travailler toujours.

Et comme ils sont naïfs et bons, ils se résignent.

Ils ont faim, ils ont froid, ils ont le cœur meurtri.

On dit: la pauvreté rend sublime l'esprit.

Et comme ils sont naïfs et bons, ils se résignent.

Enfin, un soir, ils voient la tombe s'en tr 'ouvrir.

On dit: la pauvreté sait dignement mourir.

Et comme ils sont naïfs et bons, ils se résignent.

LES MOINEA UX

Les moineaux n'ont pas peur du froid Comme les faibles hirondelles.

Voyez : dans la neige du toit Ils font des fleurs avec leurs ailes.

Ils doivent avoir dans le sang Et dans leur vêtement de plume Un feu plus chaud et plus puissant Que celui que l'amour allume.

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