LUCIEN RAI NIER
Mais tu lui resteras fidèle, ô Souvenir!
Écoutez: sur le monde, un vent de gloire emporte
l'écho mélodieux de sa ramure morte!. . .
Poète! si ton corps dans l'ombre disparaît, ton poème à jamais resplendit sur l'histoire: Cette patrie en deuil, qu'illumina ta gloire, pare ton souvenir d'un immortel regret.
Tu chantas sa beauté: fleuve, plaine ou forêt; son passé de défaite auguste ou de victoire; et ta voix, dont résonne encor notre mémoire, puisait dans un cœur franc l'éclat d'un verbe vrai.
Sois béni, pour ton œuvre abondante et vivace!. . . Quand ils diront ton nom, les hommes de ma race seront de gratitude et d'orgueil envahis;
et les enfants liront tes vers, dans les écoles, pour apprendre, aux leçons de tes nobles paroles, à vénérer leur Dieu, leur langue et leur pays!. . .
(Avec ma Vie)
Joseph-Arthur Lapointe
M. Joseph- Arthur Lapointe a collaboré à la Presse, à la Patrie, au Nationaliste et au Bulletin.
A Jules Fournier, qui lui demandait en 1914 des notes biographiques pour ce recueil, M. Lapointe avait d'abord bien voulu écrire : m Je suis né à Boucherville, le 19 mars, en 1878, ce qui me donne un âge presque respectable. Les Jésuites m' ont fait connaître les secrets de la grammaire française — secrets que ma mémoire rebelle a mal gardés, — puis j'ai commencé le struggle for life. La plupart des journaux français de Montréal ont publié des pièces portant ma griffe. Chose extraordinaire, il paraît que ça ne les a pas conduits à la banqueroute.
La critique a été clémente.)) Pour des raisons connues de lui seul, il a refusé, en 1920, de dire la date des pièces qui suivent. Nous savons cependant que les Moineaux parurent pour la première fois en 1906 ou 1907, dans le Nationaliste.
M. Lapointe a été président de V École littéraire de Montréal. Décédé au printemps de 1930.