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LA RÉCOMPENSE

Nous prendrons, si tu veux, le chemin le plus rude, Où l'épine et le roc, l'une à l'autre attachés, Retenant vers le sol nos visages penchés, Feront à l'escalade un tragique prélude;

Puis l'obscure forêt dont le pin se dénude, Et le marais, sanglant de pavots arrachés, Et l'obstacle visible, et les pièges cachés, Éloigneront encor le but qui nous élude;

Jusqu'à ce que, tremblants, épuisés, éblouis, Une cime, soudain jaillissant de la nue, Comble enfin nos désirs jamais évanouis,

Et que s'ouvre pour nous la splendide avenue Menant des jours d'angoisse et des nuits de remords Au pays radieux de nos frères les morts.

(Poèmes de Cendre et d'Or)

Blanche Lamontagne

BIBLIOGRAPHIE. — Visions Gaspésiennes, poésies {Montréal, Imprimerie du Devoir, 1913); — Par nos champs et nos rives, poésies (Montréal, Imprimerie du Devoir, 1917); — La Vieille Maison (Montréal, /'Action française, 1920); — Les trois Lyres (Montréal, /'Action française, 1923); — Moisson nouvelle (Montréal, /'Action française, 1926); — Ma Gaspésie (Montréal, Imprimerie du Devoir, 1928). En prose : Récits et Légendes (Montréal, Beauchemin, 1922); — Un Cœur fidèle, roman (Montréal, Bibliothèque de ^'Action française, 1924); — Au fond des Bois, récits (Montréal, Imprimerie du Devoir, 1924).

Mademoiselle Blanche Lamontagne naquit aux Escoumains (comté de Saguenay), le 13 janvier 1889. {(Mon enfance — nous écrivaitelle — mon enfance s'est écoulée sur les rives du fleuve, et je connus de bonne heure la vie des paysans. T appris à les aimer. Je fus pensionnaire dans plusieurs couvents. Je suivis des cours de littérature à l'Université de Montréal. Il ne s'est rien passé d'extraordinaire dans ma vie. Je coule des jours paisibles au sein d'une campagne du Bas-Québec, non loin de la Gaspésie, où j'ai vécu depuis l'âge de huit ans (1897). Je veux consacrer ma lyre à chanter la campagne et je n'ai pas d'autre ambition que de devenir la poétesse des habitants. J'espère que ces quelques notes vous suffiront. Songez qu'il n'y a rien d'agréable à parler ainsi de soi-même. . . »

((C'est bien pour la patrie, pour la terre canadienne, que chante là-bas, au bord des grèves, sur son rocher natal de Cap-Cliat, dans cette

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