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VOILES BLANCHES

O ciel pur, que ma jeune prunelle éblouie, Jadis, a contemplé toujours avidemment, Voiles blanches, splendeurs divines, ondoiement, Coups d'ailes, vols légers du ciel de Gaspésie,

Mer argentée où l'œil fidèle s'extasie,

Gais départs qui ne sont que recommencement,

Horizon infini qui parle éperdument

De rêve, d'envolée et d'âpre poésie;

C'est grâce à vous que j'ai dans mon cœur étoilé

Des voiles en partance et du désir ailé,

C'est grâce à vous que j'ai maintenant en mon âme

Des blancheurs de flottille aux mirages lointains,

Et que mon rêve, épris d'aubes et de matins,

Est une flotte immense aux voilures de flamme!. . .

BIBLIOGRAPHIE. — Les Signes sur le Sable, poésies {Québec, Ernest Tremblay, 1922); — Oh! ces Artistes!. . ., un acte en vers, en collaboration avec Aimé Plamondon (Québec, 1923); — Quand j'parl' tout seul, poésies publiées sous le pseudonyme de Jean Narrache (Montréal, Éditions Albert Lêvesque, 1932). La quatrième édition de cet ouvrage est actuetlement en librairie.

M. Emile Coderre est né à Montréal, le 10 juin 1893. Il a fait ses études classiques au Collège de Nicolet, passé son baccalauréat à l' Université de Montréal où il a également pris sa licence en pharmacie, en 1919.

«Aussi achève-t-on la lecture du recueil (Les Signes sur le Sable) avec la conviction certaine que l'auteur, qui cherche encore sa personnalité, la trouvera sûrement et écrira des vers définitifs qui seront, comme d'ailleurs beaucoup de ceux qu'il vient de publier, plus que des «signes sur le sable)). (Mgr Camille Roy)

{Ma Gaspésie)

Émile

{(Jean Narrache pense comme tous ceux de ses contemporains qui osent penser . . . Pour nous, il nous a semblé que le volume de Jean Narrache sort tout à fait de l'ordinaire, et le plaisir que nous avons éprouvé àHe lire, il nous semble que d'autres aimeront à le partager.» (Louis Francoeur, le Journal)

«A l'exemple de Jean Rictus, le seul poète peut-être à qui l'on puisse le comparer, Jean Narrache a voulu faire œuvre d'art en puisant son inspiration dans la vie de la classe ouvrière pauvre de nos villes et en écrivant ses vers dans la langue même que l'on parle dans le ^faubourg Québec». Le plus étonnant, c'est qu'il ait réussi en usant de cette formule périlleuse à nous donner une œuvre poétique d'une incontestable valeur.)) (Pierre Vigeant, le Devoir)

(Œt à cause de sa nouveauté d'inspiration et d'expression, le livre de Jean Narrache me paraît le meilleur que les Éditions Lêvesque aient publié depuis A l'ombre de l'Orford d'Alfred Des Rochers, — ce qui ne signifie pas que ces deux œuvres sont d'égale valeur. » (Albert Pelletier, le Canada)

LES PHILA NTROPHES

C'est un amus'ment d'millionnaires, Un pass'-temps pour les rich's foncés, De;chercher des nouvell's manières D'êtr' populair's pis d's'annoncer.

Y donn'nt d'I'argent aux dispensaires, Aux^sociétés, aux hôpitaux. . .

Mais y r'pren'nt ça su' nos salaires Enjes rognant à tout propos.

Les journaux l'z'appell'nt philanthropes; C'est d'I'annonc', ça leur fait un v'îours! Dans l'fond, ça leur coût' pas un' coppe, Pusque c'est nous' autr's qui pay'nt pour.

D'autr's qui donn'nt des statues, des crèches, Des cloch's d'églis' pis des ch'mins d'croix, Aid'nt pas leurs parents dans la dèche; On l'z'appell' des soutiens d'ia Foi.

ÉMILE CODERRE

D'autr's qui sont des apôtr's laïques Ont d'z'employés qui crèv'nt de faim, Mais pour s'attirer des pratiques, Y font bénir leur magasin.

Dans l'temps qu'i' prêchait à la ronde, L'Seigneur disait: «Fait's-pas d'bienfaits Avec l'idée d'étonner l'monde; Qu'votr' main gauch' sach' pas c'que l'autr' fait.»

Ça ben changé d'puis les apôtres!

On donn' d'ia droit' tandis qu' l'autr' main Va fouiller dans la poch' des autres : C'est ça, «soulager» l'genre humain!

{Quand fparl' tout seul)

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