‹ Anthologie des poetes canadiensChapitre 173 sur 241 · MES POISSONS ROUGES · texte numérisé non relu

MES POISSONS ROUGES

Sont-ils las de nager dans l'eau dormante et tiède De cet aquarium qui leur sert de prison ? Quel étrange désir de s'enfuir les obsède Et les fait se jeter, soudain, sur la cloison Dont le verre est pour eux un obstacle invisible ? . . . Peut-être ont-ils l'espoir que, par-delà ce mur, Ils pourraient découvrir un fleuve aux eaux paisibles Où se mirent tantôt les astres ou l'azur ?. . . Peut-être ont-ils la foi dans l'existence vague D'un océan lointain, sans bornes, merveilleux, Où, quelque jour, glissant dans l'infini des vagues, Ils s'en iront vers un bonheur mystérieux ? . . . Ah! l'invisible mur demeure infranchissable! ' Ils viendront s'y heurter et s'y blesser en vain Toute leur vie ! . . . et leur espoir inguérissable Ressemblera toujours à notre espoir humain!

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