ONDES MUSICIENNES
Le bois a mis du frais dans les baquets de roses; L'orchestre aérien me rend les yeux plus doux. Je me plains d'être seule avec toutes ces choses Qui me font le cœur lourd à tomber à genoux.
Le concert triomphal, en ondes musiciennes, Vient enchanter le parc et le silence nu ; Le soleil est tombé sur les routes anciennes Qui n'en finissent plus d'aller vers l'inconnu.
Goûtant ma quiétude, à mon ardeur subsiste
Un regret doux et cher à mes plaisirs présents ;
Pour le déraciner mon bon ange persiste,
Je ris d'un meilleur sort, ou de bonheurs plus grands.
Musique! Vois mon cœur seul au bout de sa route. Comme un grand moulin droit il gémit doucement. Je ne veux plus qu'aimer! Les yeux fermés, j'écoute, La lente mélodie endort son mal, gaîment.
{Au cœur frais de la Vie, en préparation)
Francis DesRoches
BIBLIOGRAPHIE. — Brumes du Soir, poèmes {Québec, /'Action sociale, 1922); — Chiq'naudes, gazettes rimées publiées sous le
pseudonyme de Frandéro (Québec, Ernest Tremblay, 1924). — En prose: En furetant, billets (Québec, /'Action sociale, 1919); — * Pascal Berthiaume, roman (Québec, Agence Élite, éditeurs, 1932), En préparation. — La Villa, poèmes; Le Vagabond, poèmes janbouriens; Claude Dorval, roman.
Né en août 1895, à Québec, M. Francis DesRoches a fait ses études classiques au Collège Séraphique de Montréal et au Petit Séminaire de Québec, un an de droit à l' Université Laval. Journaliste, publiciste, fondateur et directeur des revues mensuelles la Vie rurale et Tout-Sport, rédacteur à /'Événement et chef du Bureau de Publicité du ministère de V Agriculture, à Québec. Co-fondaleur de la Société des Poètes canadiens-français dont il a été le secrétaire-trésorier pendant cinq ans.
M. DesRoches collabore aussi à des journaux et revues d' outre-mer, notamment : Poésie, le Moustique, Marcinelle-Charleroi. Il est cité dans /'Anthologie internationale, éditée à Paris, et dans Principal Poets of the World, ouvrage édité à Londres.
«Vous exprimez vos pensées dans un vers qui se soucie du rythme, qui recherche l'harmonie des mots, qui de plus en plus se chargera de substance et de poésie; et c'est pour cela encore que Von accueillera votre ouvrage comme une promesse excellente, comme la révélation d'un talent qui se doit à lui-même de se perfectionner toujours.'» (Mgr Camille Roy, préface de Brumes du Soir)
De tous les poèmes de Brumes du Soir dont il a fait V 'analyse, M. Louis Dantin préfère celui dédié à Gitana que nous reproduisons ci-après.