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ESQUISSE AUTOMNALE

Feuilles mortes, feuilles d'automne, Feuillès de sang ou de vieil or Recouvrant d'un vol monotone Le gazon mort . . .

Nuages gris, nuages tristes, Nuages lourds des froids prochains Déroulant leurs plis fantaisistes Dans les lointains . . .

Jardins déserts, jardins moroses, Jardins silencieux le soir Regrettant des absentes roses Le nonchaloir. . .

Soleil mourant, soleil tragique, Soleil avare de ses feux Promenant sa lueur oblique Au ciel brumeux . . .

Passants rares, passants placides, Passants au corps déjà transi Martelant sous leurs pas rapides Le sol durci . . .

Et toujours ces feuilles d'automne, Feuilles de sang ou de vieil or Recouvrant d'un vol monotone Le gazon mort. . .

(La Villa, en préparation)

Medjé Vézina

BIBLIOGRAPHIE. — A collaboré, en vers et en prose, aux*difié« rents quotidiens de Montréal, à la Revue moderne, à /^Canadienne, à Mon Magazine.

En préparation. — Chaque Heure a son Visage, poèmes.

Mademoiselle Medjé Vézina est née à Montréal, le 16 avril 1896. A fait ses études chez les Sœurs de Sainte- Anne, au pensionnat de Lachine. Lauréate et diplômée de V Académie de Musique de Québec. Membre de Cercles artistiques et musicaux, aussi de la Société des Poètes canadiens-français. Fut, pendant trois ans, secrétaire de la Société des Auteurs canadiens-français, à Montréal.

«Mlle Vê~ina n'a pas publié ses premiers vers, nombreux, paraît» il, à remplir un fort volume; elle les a détruits. Une telle conscience artistique n'est-elle pas bien insolite, et ne mérite-t-elle pas d'être appréciée ?

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