LE RÈGNE DU JUSTE
Assez longtemps régna l'ange du crime, Tremblant et pâle il recule d'horreur : En maudissant il a vu sa victime Se relever forte après le malheur !
O ma patrie !
Terre chérie !
Repose en paix, Ton ciel sera beau désormais.
Assez longtemps le sceptre tyrannique Pesa sur toi, le martyr du pouvoir; Un jour paraît où la pensée inique Tombe et se brise à l'aspect du devoir!. . .
O ma patrie!
Terre chérie!
Repose en paix, Ton ciel sera beau désormais.
Le mal fut fait, il en reste des traces, Mais comme l'ombre elles disparaîtront; De l'ennemi les jalouses menaces N'ajouteront que la honte à son front.
O ma patrie !
Terre chérie!
Repose en paix, Ton ciel sera beau désormais.
Gloire à Bagot, dont la mâle énergie Sut ramener l'aurore de beaux jours!
Puisse le ciel en prolongeant sa vie, De douces fleurs en parsemer le cours!
O ma patrie !
Terre chérie!
Repose en paix, Ton ciel sera beau désormais.
Mais une larme a coulé sur ma lyre . . . Chargés de fers gémissent des absents! . . . O mon pays ! puissé-je bientôt dire:
«Noble pardon, inspire mes accents.»
O ma patrie !
Terre chérie!
Repose en paix, Ton ciel sera beau désormais.
Georges-Etienne Cartier
BIBLIOGRAPHIE. — En vers: O Canada, mon pays, mes amours, chanson patriotique. — • En prose: Discours de Georges-Etienne