‹ Anthologie des poetes canadiensChapitre 222 sur 241 · ÉVA SENÉCAL · texte numérisé non relu

ÉVA SENÉCAL

Dans leur mansarde, il passe aux fentes

Ses doigts déments, Avec des râles de Bacchantes

Dans les tourments.

Il est grand, rude, âpre et farouche,

Le vent du Nord; Il rampe, s'apaise, se couche,

Se dresse et mord.

Près des volets fermés, il rôde,

Chantant, criant, Plus souple qu'une brise chaude

De l'Orient.

J'aime tes fougues, ta furie,

Ton pas d'enfant, Apre mistral de ma patrie,

Rude géant.

Je voudrais, à travers l'espace,

Aller un peu, Confondre avec ton cœur de glace,

Mon cœur de feu.

Et je suivrais tes courses folles,

Tes sombres jeux, Fuyant loin des ivresses molles,

Mains sur les yeux.

{La Course dans V Aurore)

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