VENT DU NORD
Le vent du Nord souffle en rafale,
Sur les hameaux; Il bondit, se tord et dévale
Des hauts coteaux.
Il vous mord la face et vous jette,
En impromptus, Les tas de neige qu'il brouette,
Longs et pointus.
Il caracole, il paraît ivre,
De tant tourner, D'enlacer l'arbre qui se livre,
Abandonné.
Il râle sa funèbre joie,
La fait hurler, Affolant les êtres qu'il ploie,
Pour les violer.
Sur la plaine, il passe et varlope Les blancs remous;
Dans les vallons, il s'enveloppe Jusqu'aux genoux.
Il clame aux heureux de la terre Un chant fougueux,
Mais un long refrain de misère Aux pauvres gueux.