ROBERT CHOQUETTE
les auspices du Conseil National de V Éducation, une sorte de petit cours, en anglais, sur l'histoire de notre littérature depuis 1840.
A fait plusieurs conférences, entre autres : Notre jeune Poésie féminine, Le Roman chez nous, Alfred DesRochers, Littérature canadienne-française de 1860 à aujourd'hui, cette dernière en anglais, à Toronto.
M. Choquette a remporté les prix littéraires suivants: piix David de poésie en 1926, pour A travers les Vents; trois prix d'Action Intellectuelle, deux de poésie, Vautre de roman; prix Willingdon en 1929, pour un essai de critique; prix David de poésie, ex-aequo avec M. Alfred DesRochers, en 1932, pour Poésies Nouvelles en manuscrit.
(.(Cette harmonieuse solidarité organique de l'inspiration ei de V expression, qui s'illumine par en-dedans comme l'âme fait resplendir le corps, n'a jamais, que je sache, été dépassée en poésie canadienne et elle n'est certes pas moins habile que les plus belles réussites de ceux qui tiennent avant tout à faire voir leur habileté. Chez Robert Choquette, c'est l'inspiration qui prime le bloc, c'est la vie qui anime la forme; et le modelé même du vers ne demande pas qu'on le regarde; il est une pensée vivante qui chante et qui s'épanouit en harmonies spirituelles.)) ( Albert Pelletier, le Canada)
«Le noyau de la poésie de Robert Choquette c'est un cœur gonûè de sang, de sève, de vigueur juvénile. Ce cœur, assoiffé d'idéal et, toujours si près d'éclater, domine le lecteur et lui révèle un des poètes les plus puissamment personnels de cette génération au Canada. Car c'est la vie que chante Choquette, et nous nous en félicitons; le Canada français a déjà produit une surabondance de tendres versificateurs chantant l'érable, les flocons de neige et toutes les banalités météorologiques. Voici enfin un poète qui ose lutter avec la pensée. Malgré cette grande audace intérieure, Choquette reste foncièrement traditionaliste pour la forme. On pourrait même dire qu'il se cramponne à la tradition ou qu'il avance à reculons, car son dernier grand poème: Metropolitan Muséum, est du pur Hugo. Entendons-nous, d'excellent Hugo, et il n'est pas donné à tout le monde d'exceller dans ce langage de maître.)) (Félix Walter)
«Metropolitan Muséum est une œuvre d'art mûr, où presque plus rien ne trahit le tâtonnement et l'ébauche; la beauté des premiers poèmes y est accrue et purifiée; leurs défauts s' y fondent jusqu' à disparaître. Le principal de ces défauts, c'était le vague de la pensée, sa diffusion, sa pente aux chemins de traverse, le manque de cohérence rigide entre ses émotions et son but. Le ((désordre lyrique)), cette excuse pour le désordre tout court, lui semblait une seconde nature, et l'on avait pu craindre qu'il eût peine à la secouer. Mais le poète a, d'un seul geste, batayé ces inquiétudes, et il se pose ici renouvelé et affermi. Il a conquis en bonne mesure la vigueur d'idées, la logique, le resserrement des formules, qui lui manquaient surtout, et cela sans rien perdre de son envol et de son souffle. Son art y gagne une forte plénitude qui, cette fois, convainc l'âme entière, l'esprit comme le sens es-
thê tique. Pour avoir travaillé, cherché, réfléchi, Vapprenti a atteint la maîtrise de sa tâche et surpris le secret de la beauté complète)). (Louis Dantin, /'Avenir du Nord)
« Voici le meilleur poème de la littérature canadienne, et voici un lyrique qui peut être classé parmi les meilleurs de la poésie française. Ce qui domine, ce qui emporte malgré soi, c'est ce mouvement large, généreux et puissant qu'il faudrait comparer à certains passages de la Légende des Siècles . . . Toujours une impression de densité, de plénitude. . . N'est-il pas vrai que, depuis quelques années, la poésie française a fourni peu d'exemples d'un pareil lyrisme ? . . . L'on se prend à ne pas désespérer complètement d'une humanité qui peut produire encore quelques poètes de cette valeur . . . Un Robert Choquette enrichit à la fois les lettres canadiennes et les lettres françaises .. . Évidemment, il y a dans le détail des critiques à faire, mais l'ensemble est si remarquable! Faut-il que quelques chenilles empêchent de voir la beauté de l'arbre ? En tout cas, le temps presse^ s'ils (ses compatriotes) ne veulent pas, en retombant dans le même ridicule que pour Maria Chapedelaine, découvrir Choquette après que Paris l'aura consacré.)) (Pierre Dupuy, Mercure de France)
Quelques-uns des meilleurs poèmes de M. Robert Choquette sont trop longs pour être cités, en entier, dans une anthologie. Les extraits que nous reproduisons ci-dessous donnent cependant une assez juste idée de la variété de sa poétique et de son inspiration.