PRÉLUDE
Amour, je ne sais rien de tes chères blessures, Rien des guerres du cœur plus douces que la paix. Je n'ai vraiment vécu qu'aux bras de la Nature, Et je pleure et je ris d'après le temps qu'il fait! Je connais les parfums de toutes les corolles, Et l'heure de fleurir des prés et des buissons; On ne m'a pas bercée au rythme des paroles, Mais les oiseaux m'ont dit le sens de leurs chansons.
Je sais que le vent pleure, et que la rose est fière D'avoir l'âme amoureuse et si belle! Je crois Qu'au fond de chaque fleur dort un peu de mystère, Et que le rossignol met son cœur dans sa voix. Je n'ai senti frémir mon âme inexpliquée Qu'en appuyant ma lèvre à même le gazon \ Et si je suis parfois si triste et compliquée, C'est que mon cœur est fait de toutes les saisons.
Je ne sais rien des gestes, des chants et des peines Qui font l'amour plus cher que tout ce qu'on aimait, Mais je sais, tant la vie est en moi large et pleine,