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VENT DU CIEL

Pâle, elle cria: «Jean !» du seuil de la chaumière. Lui, chantait dans les ors lourds des épis penchants. Midi de son haleine assoupissait les champs; Un nuage, au lointain, montait dans la lumière,

Un grand nuage trouble aux murmures méchants . . . Jean le Vieux entend-il sa femme, la fermière ? «Ah, Jean!» — Les sombres feux qu'elle a vus la première Frappent ses yeux enfin; il a cessé les chants.

La faucille à son poing tombe, car la nuée Accourt — enfer de flamme à peine atténuée. . . — «Est-ce, Dieu, la ruine ? O Père, épargnez-nous!»

Et le vent se déchaîne en fureur, et la grêle Fouette et vanne les blés autour de l'homme frêle, Tombé sur ses genoux.

(Poésies)

Pamphile Lemay

BIBLIOGRAPHIE. — En vers: Essais poétiques; Évangéline^ etc. (Québec, 1865); — Poèmes couronnés (Québec, 1870); — Les Vengeances (Québec, 1875), rééditées en 1888 sous le titre Tonkourou; — Une Gerbe (Québec, 1879); — Fables canadiennes (Québec, 1881); — Petits Poèmes (Québec, 1883); — Les Gouttelettes (Montréal, 1904); — Les Épis (Montréal, 1914). — En prose: Le Pèlerin de Sainte-Anne, roman, 2 vol. (Québec, 1877) ; — Picounoc-le-Maudit, roman, 2 vol. (Québec, 1878); — Le Chien d'Or, roman traduit de l'anglais (Montréal, 1884) ; — L'Affaire Sougraine, roman (Québec, 1884); — Rouge et bleu, comédie (Québec, 1891); — Fêtes et Corvées (Lévis, 1898) ; — Contes vrais (Montréal, 1907) ; — Entendons-nous, vaudeville (Ottawa, 1914).

Né à Lotbiniere le 5 janvier 1837 . Fit ses études secondaires au Séminaire de Québec. Se destina d'abord à la prêtrise. Étudia le droit et fut admis au barreau, à Québec, en même temps que Louis Fréchette, mais ne pratiqua jamais. Fut de 1867 à 1892 conservateur de la Bibliothèque législative, à Québec. Il cultiva les lettres jusqu'à sa mort, survenue en juin 1918.

«Sans vouloir devancer le jugement de la postérité à son égard, je crois qu'il n'y a aucune témérité à prédire qu'elle lui donnera une bonne place, à côté de Crémazie et de Fréchette, sur le même pied qu'eux, et qu'elle enveloppera ces trois noms dans la même lumière et le même amour. . . C'est son mérite (à M. Le May), et ce sera sa gloire, d'avoir reflété notre sol, nos mœurs rustiques, nos types primitifs, nos légendes campagnardes, l'âme paysanne de chez nous, le terroir.)) (Henri

d'ARLES)

{(Souhaitons qu'après le Canada, la France réserve aux œuvres de M. Le May l'accueil très sympathique et maternel qu'elles méritent. Elles en sont dignes par le beau talent qu'elles décèlent. Elles honorent notre littérature, contribuent à son éclat sur les bords du Saint-Laurent et sont un titre de gloire pour la nationalité franco-canadienne.)) (L. Leau, professeur à l'Université de Nancy)

«Il est certain que le talent de M. Le May s'est affermi pendant la durée de sa déjà longue carrière. Son meilleur poème (des Gouttelettes) est peut-être son dernier sonnet. Nous ne doutons pas que les anthologies canadiennes et même françaises ne réservent à cet écrivain distingué une hospitalité qu'il mérite. Que faut-il, après tout, pour être célèbre ? Écrire un sonnet ou deux qui surnagent. Soulary n'est connu que pour vingt-huit vers. Tel autre pour quatorze. M. LeMay

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