‹ Anthologie des poetes canadiensChapitre 36 sur 241 · PAMPHILE LE MA Y · texte numérisé non relu

PAMPHILE LE MA Y

a écrit cent quatre-vingts sonnets parmi lesquels il nous semble bien que Von peut trouver l'équivalent des Deux Berceaux ou de Rêves ambitieux.» (Charles ab der Halden, Nouvelles Études sur la littérature canadienne-française)

Tu réveilles en moi des souvenirs confus.

Je t'ai vu, n'est-ce pas, moins triste et moins modeste;

Ta tête sous l'orage avait un noble geste,

Et l'amour se cachait dans tes rameaux touffus.

D'autres, autour de toi, comme de riches fûts, Poussaient leurs troncs noueux vers la voûte céleste : Ils sont tombés, et rien de leur beauté ne reste; Et toi-même, aujourd'hui, sait-on ce que tu fus ?

O vieil arbre tremblant dans ton écorce grise ,

Sens-tu couler encore une sève qui grise ?

Les oiseaux chantent-ils sur tes rameaux gercés ?

Moi, je suis un vieil arbre oublié dans la plaine,

Et, pour tromper l'ennui dont ma pauvre âme est pleine,

J'aime à me souvenir des nids que j'ai bercés.

Mon rêve a ployé l'aile. En l'ombre qui s'étend, Il est comme un oiseau que le lacet captive. Malgré des jours nombreux, ma fin semble hâtive; Je dis l'adieu suprême à tout ce qui m'entend.

Je suis content de vivre et je mourrai content : La mort n'est-elle pas une peine fictive ? J'ai mieux aimé chanter que jeter l'invective. J'ai souffert, je pardonne, et le pardon m'attend.

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