‹ Anthologie des poetes canadiensChapitre 48 sur 241 · DUO · texte numérisé non relu

DUO

Il est au bord des flots dormants, Sous ces fleurs que le vent balance

en silence, un doux sentier où deux amants se consolent des jours d'absence.

L'oiseau module un chant d'amour qui rase comme une prière

la rivière.

La tiède nuit succède au jour et couvre la nature entière.

C'est l'heure aux tendres rendez-vous.

Écoutez donc sous les ramures

ces murmures, ce gazouillis de mots si doux, de voix tremblantes et si pures !

Ils s'en vont, la main dans la main, ne songeant qu'à l'heure présente

trop peu lente!

et poursuivant par le chemin tout rêve aimé qui se présente.

Passons vite auprès de ce lieu!

Chaque instant qui vient et s'envole

les console . . .

Trop tôt viendra ce morne adieu qui les sépare et les désole ! . . .

(Les Laurentiennes)

L'abbé Apollinaire Gingras

BIBLIOGRAPHIE. — Au foyer de mon presbytère, poèmes et chansons (1881); — L'Emballement, poème politique anti-impérialiste (Québec, 1920). — En prose: Le Bas-Canada entre le moyen-âge et l'âge moderne (Québec, Imprimerie du Canadien, 1880).

M. Apollinaire Gingras est né à Saint- Antoine-de-Tilly, le 8 mars 1847. Il fut ordonné prêtre en 1873. Il occupa successivement diverses cures à Saint- Fulgence du Saguenay, à Saint-Édouard de Lotbinière, à Sainte- Claire et, en dernier lieu, à Château-Richer. A cause de son grand âge, il a renoncé à exercer son ministère et s'est retiré à Hébertville, dans la région du lac Saint-Jean.

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