‹ Anthologie des poetes canadiensChapitre 77 sur 241 · POÉSIE DES FEUILLES · texte numérisé non relu

POÉSIE DES FEUILLES

Splendeur des bois de mon pays, Vous toutes, les feuilles que j'aime Et dont le Nord clôt le poème, Lorsque sont mûrs les blonds maïs, Combien nombreuses, les jours gris, Dans les sentiers le vent vous sème, Vous toutes les feuilles que j'aime, Splendeur des bois de mon pays !

Vous n'êtes plus l'orgueil des chênes, Des érables et des bouleaux Qui chantèrent le long des eaux Et dans le clair lointain des plaines.

ALBERT FERLA ND

Mon âme, ô feuilles, sent vos peines Et suit vos deuils sur les coteaux, Pleurant la grâce des bouleaux Et le hautain regret des chênes.

Vous étiez la gloire de juin, Le frais manteau des forêts vertes. . . O feuilles qui tombez inertes Comme un oiseau blessé soudain, Vos tons de rouille et de tanin Affligent les routes désertes, Manteau souillé des forêts vertes, Feuilles mortes, gloire de juin!

{Les Horizons)

BERCEUSE ATŒNA

Le vent souffle sur le fleuve Youkon, et mon époux poursuit le renne sur les monts Koyoukon.

Xami, Xami, dors mon petit !

[Ballade des Atoeenas (Alaska) ]

En rafales l'Hiver déchaîne Ses vents hurleurs sur le Youkon, Et, seul dans la forêt lointaine Qui longe les monts Koyoukon, Mon cher époux chasse le renne.

Xami, Xami, dors doucement!

Xami, Xami, dors, mon enfant!

J'ai brisé ma hache de pierre; Bientôt je n'aurai plus de bois.

Les jours gris trament leur lumière.

L'arbre se fend sous les cieux froids.

J'ai brisé ma hache de pierre...

Xami, Xami, dors doucement!

Xami, Xami, dors, mon enfant!

Ah! le soleil a fui la terre!

Et nous disons, hommes du Nord, Que sa chaleur est prisonnière Dans la loge du grand Castor.

Ah! le soleil a fui la terre!

Xami, Xami, dors doucement!

Xami, Xami, dors, mon enfant!

Depuis longtemps la cache est vide.

Mes yeux, tournés vers les buissons, Ne voient plus les corbeaux avides Couvrir l'échafaud aux poissons.

Depuis longtemps la cache est vide.

Xami, Xami, dors doucement!

Xami, Xami, dors, mon enfant!

Mon petit, j'ai le cœur en peine!

Que fait-il donc si loin de nous, Kouskokrala, chasseur de rennes ?

Ah! qu'il est longtemps, mon époux!. . . Mon petit, j'ai le cœur en peine!

Xami, Xami, dors doucement!

Xami, Xami, dors, mon enfant!

En rafales l'Hiver déchaîne Ses vents hurleurs sur le Youkon, Et, seul, dans la forêt lointaine Qui longe les monts Koyoukon, Mon cher époux chasse le renne.

Xami, Xami, dors doucement!

Xami, Xami, dors, mon enfant!

(Le Terroir)

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