‹ Anthologie des poetes canadiensChapitre 95 sur 241 · RONDE ENFANTINE · texte numérisé non relu

RONDE ENFANTINE

Dans les charmilles printanières, Troupe folle aux bruyants ébats,

Petites filles, petits gâs, Tant que la terre tournera, Dansez vos rondes familières :

Trois fois passera.

En robes claires de dimanche, En guenillons qu'on n'aime pas,

Petites filles, petits gâs, Comme vous, sans nul embarras, Jadis nous chantions à voix franche:

Trois fois passera!

Pour quelque irréparable offense, Quand un front pur s'assombrira,

Petites filles, petits gâs, Maman, l'accueillant dans ses bras, Choyant et berçant, la souffrance

Trois fois passera.

Ce que la vie a de vulgaire Votre âme pourtant l'apprendra, Petites filles, petits gâs,

ENGLEBERT GALLÈZE

Assaillis par mille tracas.

Ce feu clair sous votre paupière Trois fois passera.

La douleur qu'un amour vous laisse En s'en allant comme un ingrat,

Petites filles, petits gâs, Un autre amour la guérira Qui, renégat à sa promesse,

Trois fois passera.

Ah! qu'un malheur plus grand vous guette Tout au bout du chemin, là-bas,

Petites filles, petits gâs, Que l'âge, un jour, assagira!

Cette tristesse sur vos têtes

La dernière restera.

Sur le sable et sur les bruyères, Troupe folle aux bruyants ébats,

Petites filles, petits gâs, Tant que la terre tournera, Dansez vos rondes familières:

Trois fois passera.

{Chante, Rossignol, chanté)

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