‹ Anthologie des poètes canadiens [microforme]Chapitre 10 sur 255 · DOMINIQUE MONDELET · texte numérisé non relu

DOMINIQUE MONDELET

Comme on dit au pays, prophètes de malheurs, Troublant leurs alentours de leurs folles terreurs. Combien d’autres, voyant l'avenir dans leurs songes, Sont faits tristes ou gais par d’absurdes mensonges : Des superstitions le mode est infini.

Pourtant, ne faisons point un tableau rembruni : Bientôt nous jouirons d’un horizon moins sombre; Déjà des gens instruits je vois croître le nombre; Déjà Brassard, suivant les pas de Curatteau, Donne au district du centre un collège nouveau. Et, si mon vœu fervent, mon espoir, ne m'abuse, Ou plutôt si j'en erois ma prophétique muse

(Une déesse, un dieu peut-il être menteur 2),

Ce noble exemple aura plus d’un imitateur.

Je crois même entrevoir, dans un avenir proche, Le temps où, délivré d’un trop juste reproche,

Où par le goût, les arts, le savoir illustré,

Comptant maint érudit, maint savant, maint lettré, Le peuple canadien, loué de sa vaillance,

Ne sera plus blâmé de sa rustre ignorance;

Où, justement taxé d’exagération,

Mon écrit, jadis vrai, deviendra fiction.

Dominique Mondelet

BIBLIOGRAPHIE. — En vers: quelques pièces publiées dans les journaux du temps. — En prose: Traité sur la politique coloniale du Bas-Canada (1835).

Dominique Mondelet, né en 1799, en son vivant juge de la Cour supérieure à Trois-Rivières, ne croyait point déroger à la dignité de sa charge en faisant de la littérature à ses instants de loisir. Ila laissé quelques pièces de vers qui ne manquent pas d'agrément, par cremple sa traduction du poème de Moore, La Chanson du Voyageur Canadien. ZE mourut à Trois-Rivières, en 1865.

Page 1