ESS
Pourtant, je ne veux point, d'un stvle exagéré,
Dire, avec un auteur, que tout est emopiré:
Que les premiers colons, nos ancêtres, nos pères, Furent, bien plus que nous, entourés de lumières; Qu'ils apprenaient bien mieux le latin et le grec: Que les arts florissaient beaucoup plus dans Québec. Suivant moi, ce langage est loin d'être orthodoxe: Et, pour mettre à néant ce hardi paradoxe,
Il n'est aucun besoin d’un long raisonnement.
Un regard en arrière, un coup d'œil le dément,
Il suffit de savoir que, sous notre ancien maître. Louis, nul imprimeur ici n'esa paraître;
Qu'on n'y faisait, vendait ni livre, ni journal : Voyez, à ce sujet, quelques mots de Raynal:
L'exagération à part, on l'en peut croire.
Avant Qui, Charlevoix offre, dans son histoire, D'une ignorance étrange un exemple frappant
Un mal épidémique, inconnu, se répand,
Met aux derniers «bois tous les colons qu'il frappe. Ainsi qu'en pareils cas, aux enfants d'Esculape On recourt: mais voyant tous leurs soins superilus, Ils déclarent tout net qu'ils ne soigneront plus; Proclament que le mal provient de maléfce; Aceusent des sorciers l'envie et 1 malice,
Et, sans les secourir, laissent mourir les gens. Vit-on des médecins, ailleurs, plus ignorants?
Au village, quels sont les communs entretiens ? Ilest vrai que, vivant en des climats chrétiens, Nos vierres ne vont pas, jongleuses mexicaines, Se flageller, tirer le sang pur de leurs veines, Pour, humaines, sauver un autre du trépas,
Ou du moins du ménage apaiser les débats, Quand, d'un brutal époux, dans la june éclipsée, L'ignorance leur montre une épouse blessée.
Ilest vrai qu'à l'aspect de ces astres brunis
Nos peuples ne vont pas, por la peur réunis.
Et dévots, jusqu'au cou plongés dans les rivières, Au ciel pour leur salut adresser des prières:
Ou pour en éloigner un horrible drason,
Et battre du tambour et tirer du canon.
Non, mais comhien encore, à l'aspect des comètes, Se sentent inspirés, et deviennent prophètes !