LES VIEILLES LETTRES
Pour adoucir en moi l'effet de cette guerre,
Pour détourner mon cœur de l'inhumanité,
Je relis chaque soir des lettres de bonté,
Et je remonte ainsi de quinze ans en arrière.
Je puise aux idéals de la jeunesse fière,
Comme aux mêmes espoirs auxquels j'avais goûté. Pour mieux saisir l'écho par le temps emporté,
Je lis les vieux papiers que je lisais naguère.
Assez de visions de meurtres et d’horreurs Dont mon âme n’est pas une miette la cause !
Le crime vient des rois, surtout des empereurs.
Car Dieu ne mettrait pas tant de fiel dans la dose; S’Il s’en mélait, pour sûr, Il serait mieux compris.
Je relis mon Villon, et mes vieux manuscrits ! (Les Palais d'argile)