PRÉLUDE A LA SÉRÉNADE
Pierrot se trouve lourd malgré sa fraise en tulle. Le monde lui paraît plus léger que l’éther.
Il a eru voir, dans la pâleur du crépuscule,
Ariel s’avancer sur une bulle d’air Qu'emportaientau zénith d'impalpables cavales. La mer, tapis vermeil qu’un souffle fait mouvoir, Sème au flane des rochers des millions d’opales, La fleur attend la pluie invisible du soir. ..
Le jour tombe, et déjà les jongleurs de la mare, Mettant en branle leur harmonieux tarare, Attaquent à la fois la fugue et les strettos D'une xylophonie où trillent cent flûteaux.
BENJAMIN MICHAUD