CHANSON AUX FLEURS
Mourez, fleurs, qui venez d'éclore Parmi les fraîicheurs du matin; Mourez vierges, tandis qu’encore Rien n'a froissé votre satin. Exhalez en pleine jeunesse
Votre âme faite de parfum;
Craignez qu'un autre jour ne naisse :
Pour vous faner il n’en faut qu'un.
Ne laissez pas les larmes roses Que l’humide baiser du jour
Met, comme un cristal, sur les choses, Devenir des larmes d'amour.
Goûtez à toutes les caresses
Que l'été souffle sur les prés,
Rôvez à toutes les tendresses,
Mais, de peur d'y croire, mourez.