LA TOISON D'OR
Illustre Toison d'or, Ô Pays de l'Idée, Conquête de Colehide et du Phase lointain, Amour inspirateur de l'antique Médée,
Vous guiderez toujours la marche du Destin !
C'est pour vous que l'on provoqua tant d'hécatombes,
Que tant de vains efforts furent amoncelés, Que la fureur humaine a creusé tant de tombes, Que des peuples se sont en l'abîime écroulés.
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Pour vous on a bâti des cités aux cent dômes,
Des temples fabuleux et des ares triomphaux; Pour vous se sont brisés les terrestres royaumes; Que de projets pour vous ont trouvéleurs tombeaux !
Enfin, pour vous atteindre, à la face des astres, Les tyrans, sous leurs pas avant tout renversé, Entreprirent, parmi les plus sanglants désastres, La conquête du monde au prix du sang versé !
(L'Age de Sang)
Englebert Gallèze
BIBLIOGRAPHIE. — Les Chemins de l'Ame, poèmes (Montréal, Daoust & Tremblay, 1910); — La Claire Fontaine, poèmes (Montréal, Beauchemin, 1913).
M. Englebert Gallèze a collaboré à la Revue canadienne, au Bulletin du Parler français, au Terroir, au Nationaliste.
M. Englebert Gullèze (Lionel-Englebert Léreillé, dit Gallèze) naquit à Saint-Gabricl-de-Brandon, le 27 novembre 1875. IL fit ses études secondaires au Collège de Joliette et fut admis aw barreau en 1907. Attaché pendant quelques années à la rédaction de la Presse, il a repris depuis l'exercice de sa profession.
CM. Englebert Gallèze est, dans toute l'acception du terme, un pote du terroir. Il a longtemps observé les mœurs des paysans canadiens, el son vers est comme vêtu d’étoffe du pays. Ses paysages sont de chez nous seulement; son champ est borné par un horizon de beaux érables. » Ainsi s'erprimait, en 1910, M. Lozeau, dans une étude sur les Chemins de l'Ame; et il ajoutait : € À mes yeux, le prinripal mérite de M. Gallèze, c’est qu’il ne parle que des choses qu'il a vues, qu’il n’exprime que des sentiments qu'il a éprouvés. De là, vérité de son ouvrage. »+ De son côlé, M. Alphonse Beauregard écrivait en 1913, à propos de la Claire Fontaine : ... J'ai tenu surtout à faire ressortir l'essentiel du livre de M. Léveillé, et cet essentiel est son retour, en esprit, vers la terre natale et sa jeunesse. De son logis en ville, il voit la campagne, l'habitant qui y travaille, la rivière, les queux passant leur chemin, l'intérieur des maisons, et lui-même à la premiire période de sa vie. Tout cela, par la distance, se cristallise dans son cerveau, et le meilleur de son œuvre scra probablement d'avoir dépeint les coutumes rampagnardes, le langage populaire, les traditions des villages, le visage, cnfin, de notre pays... »
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