PARTHÉNON
J'évoque et revois tels qu'aux antiques printemps, Et dans leur première aube et sans faste illusoire, Tes frontons dont l'éclat illumine l'Histoire,
O tempie qu'ont bâti des dieux ou des titans !
Éternellement jeune, aux soleils éclatants
Ton marbre chante encor son grand hymne de gloire Et sourit à l’azur, malgré la trace noire
Des affronts que t'ont faits les hommes et le temps.
Ainsi, contre les coups du Destin qui l’accable, Et solitaire au sein de la foule implacable, Se dresse, en sa splendeur sereine et sa fierté,
L'âme en qui brûle et vibre et parfume et rayonne, Cornme une lampe d'or, ton mystère, ô Beauté, Déesse à qui l’on croit, que l’Art divin couronne !
Arthur de Bussières
BIBLIOGRAPHIE.— Les Lengalis, poèmes épars, recueillis par M. Casimir Hébert et qui paraîlront prochainement.
Arthur Bussières — ou, comme il signait pour imiter Balzac : de Bussières — naquit le 21 janvier 1877, à Montréal. Il ne fréquenta jamais d'autre école que l’école élémentaire. Peintre en bâtiments de son métier, il se lia de bonne heure avec Nelligan, Charles Gill ct autres membres de la première École littéraire, dont il fit partie aux environs de 1898. Il figure parmi les collaborateurs des Soirées du Château de Ramezav, publiées en 1900. Son apparition dans les lettres fut brève, cependant; à partir de 1900 il fut presque oublié. IL avait lu Leconte de Lisle, Hérédia, Rollinat, Beaudelaire, mais à cette époque il n'y avait pas de bibliothèques publiques à Montréal, et quant à s’acheter des livres, il n'en eut jamais les moyens. On affirme que ce marte-