‹ Anthologie des poètes canadiens [microforme]Chapitre 148 sur 255 · LUNAIRE · texte numérisé non relu

LUNAIRE

L'œil grand ouvert de l'ombre, orné de eils d'argent, Jette ses feux d’opale au sein de la vallée,

Qui sommeille et flamboie à la nuit étoilée Comme un phosphore blond de la houle émergeant.

Et sa grâce rayonne en la voûte emperlée, Radieuse parmi les hauts cirrus nageant, Et les jets refroidis de son halo changeant Nimbent les nénuphars sur la vague troublée.

Lune très blanche ! espoir de mes songes lassés, Toi, le flambeau veillant des soleils trépassés, Astre, nocturne fleur au jardin symbolique,

Quand vient sourire en moi la volupté des soirs, O veille dans mon cœur, douce, mélancolique, Comme un parfum qui dort au fond des encensoirs!

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