ALBERT LOZEAU
— Verlaine, ta chanson n'est pas toujours la bonne, Me disais-je; pourtant, je l’aime et j'en frissonne ! Ta Muse à passé trop de nuits aux cabarets,
Elle en a dit bien tard ses immortels reg..ets.
Et si le temps sur ses souillures jette un voile,
Elle porte sa honte au front, — comme une étoile !
(Le Miroir des Jours)
LA ROYALF CHANSON
Prends ton vieux violon, Sonne la chanterelle
Et suis ma voix, le long De la Chanson pour Elle.
L’amoureuse n’est plus et le poète est mort; Mais la chanson d'amour, vivante, chante encor.
La chanson s'alanguit encore de leurs fièvres En s’exhalant, le soir, aux lents soupirs des lèvres.
Le poète est sous terre et l’amoureuse aussi: Ils dorment, l’un tout près de l’autre, sans souci.
Des désirs qu'ils n’ont plus la chanson est brûlante; De leur bonheur passé la chanson seule chante.
Ils sont un peu de cendre au fond de deux cercueils, Et la chanson exalte encore leur orgueil.
Elle était belle et douce aussi, la Bien-Aimée; La chanson de son souffle est toute parfumée.
Elle était reine, et lui grand prince ami de l'Art : La chanson que je chante est du temps de Ronsard,
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Sonne la chanterelle
A ton vieux violon,
Et suis ma voix, le long De la C'harson pour Elle.
(Le Miroir des Jours)