‹ Anthologie des poètes canadiens [microforme]Chapitre 171 sur 255 · VANITÉ · texte numérisé non relu

VANITÉ

Aux feux de mon esprit qui s’allument dans l'ombre, Je me regarde vivre avec étonnement :

Une fierté triomphe en ma stature sombre,

Et je suis comme un roi promis au firmament !

J'ai des chants de victoire au cœur, je me célèbre ! Comme autrefois David devant l'arche a dansé, J'élève un hymne d’or à ma propre ténèbre,

Et d'un éclair divin je me sens traversé !

Je suis mon seul amour. Je suis erand. Je suis digne. S'il est quelqu'un meilleur, c’est qu'il existe un Dieu !

Et mon être est marqué, comme l'élu, d’un signe

Tel qu’on en voit la nuit briller dans le eiel bleu !

___Vanité ! vanité ! Ta poussière superbe

Qui s'aime et se contemple, un vent l'emportera ! Ét, comme après l'été splendide le brin d'herbe, Ton corps, ton pauvre corps lentement pourrira !

Vanité des beaux yeux et vanité des lèvres, Et vauité des mains où l’on s'est caressé !

Que restc”a-t-il done des frissons et des fièvres Quand l’agonie horrible et longue aura passé ?

La terre confondra dans une même fange L'humble et celui qui fut de son âme orgueilleux, Et rien n apparaîtra sur leurs tombes d'étrange; Ils dormiront égaux et pareils sous les cieux...

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