VERS L'OASIS
Sur l2 terre blanche de givre, Combien d’âmes hautes ont froid Dans leur solitude qui croît !
Elles ne demandaient qu’à vivre, Et leur prière allait tout droit Vers un idéal qui délivre.
Elles n’ont plus que le Passé, Plein de regrets et de tristesses:; Et la coupe des petitesses,
Dans le bagne vide et glacé, Épanche en elles ses détresses Comme un calice renversé.
Elles poursuivent dans le rêve Une paix qui devait venir, Mais, sans jamais pouvoir tenir
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(Mi de AT: Let
La vision trompeuse et brève,
Voient leur illusion finir
Dans le nuage qui s'élève.
Elles elament vers l'inconnu Pour élaguer la destinée; Mais la science n’est pas née, Qui dit pourquoi le fil ténu Retient pendant une journée La vie au corps fragile et nu.
L'amour, dans ces âmes hautaines, Espère en l'unique Beauté:
Mais son aveuglante elarté
Vient de régions si lointaines Qu'elle frappe de cécité
Les aspirations humaines.
Leur angoisse ne se plaint pas, Mais la Douleur les rend plus fières; Sur le chemin creusé d'ornières Elles vont seules, pas à pas, Cachant les blessures altières
Dont elles se meurer ‘out bas.
Puis, quand elles sentent près d’elles asser le flot mystérieux
Grossi de larmes et d’adieux,
Elles vont aux ères nouvelles, Déployant au jour radieux
Tous leurs désirs, comme des ailes.
Casimir Hébert
M. Casimir Hébert a collaboré au Semeur, au Nationaliste, à la zevue nationale ef à quelques autres journaur.
Desceritani d'Acadiens venus à L'Araidie {prorinee de Québec) à la suite du Grand Dérangement de 1755, Casimir Hébert est n# à La Pigeonnière (comté de Napicrville), en 1879. Fils de cultivateurs, il perdit son père très jeune. Sans être précisément un aulodidacte, il doit surtout à ses dons naturels el à une curiosité intellectuelle infati-